Des pizzas et des quiches grand format, de la musique festive et des drapeaux CGT : jeudi 15 octobre, sur le parvis de l’hôtel 5 étoiles L’Impérator à Nîmes, les tables de fortune ont remplacé les voitures de luxe.

Pour soutenir les femmes de chambre de l’établissement du groupe Maison Albar, en grève depuis le 18 septembre, le syndicat CGT a organisé un pique-nique revendicatif et solidaire. Une cinquantaine de personnes ont rejoint l’appel pour partager un instant avec les huit salariées (cinq permanentes et trois contractuelles) qui dénoncent leurs conditions de travail et leurs salaires. L’occasion de sensibiliser les passants pour alimenter la caisse de grève et compléter la perte de salaire des manifestantes.

L’une des grévistes, Samira (qui ne souhaite pas donner son nom, comme les autres personnes présentées par leur prénom), en CDI, âgée de 40 ans, témoigne : « On se bat pour avoir du matériel adéquat, des tenues de travail fournies par l’hôtel et un salaire un peu plus haut. On tient le coup depuis quatre semaines, mais c’est dur. » A ses côtés, Christine, l’une des plus anciennes femmes de chambre, embauchée en 2019, est en arrêt pour burn-out. Elle est venue soutenir ses collègues : « Le matériel et les chariots de 100 kilos ne sont pas adaptés aux couloirs. Nous n’avons pas de tenues correctes pour un cinq-étoiles. Même les produits d’entretien, il faut parfois les acheter ! Et la cadence imposée pour que les 70 chambres soient prêtes à 15 heures, c’est vraiment difficile. Parfois, on nous demande de préparer 12 chambres.