Depuis quelques mois, les travaux vont bon train au Parc Hôtel & Yonaguni Spa, quatre-étoiles situé à la sortie de la petite ville d’Obernai. Il y a quelques années,Maxime Wucher, arrière-petit-fils de Marie Kantz, la fondatrice l’établissement, grand voyageur, rêveur et entrepreneur, revient d’un séjour au Japon avec une idée folle : construire dans l’hôtel familial un spa unique au monde et, surtout, ludique.
En 2020, il inaugure le Yonaguni : 2 500 m2 d’installations époustouflantes, accessibles tant aux résidents qu’aux personnes de l’extérieur. Point d’orgue, le labyrinthe aquatique, composé de dix univers sensoriels mêlant couloirs d’eau, salles immergées, bassins intérieurs et extérieurs, et rythmé par plus de 100 attractions inédites pour un spa. À l’étage, une salle de repos avec lits suspendus, une grotte de sel de l’Himalaya, une pièce consacrée aux bains turcs, une dotée de lits à eau, etc. Cinq ans plus tard, il y ajoute le Yonasaya Spa : 500 m2 d’esthétisme pur, de technologie et de soins signés Phytomer. Un espace réservé aux clients de l’hôtel avec, à la clé, des retraites sur mesure.
Mieux, il dessine une nouvelle identité, plus design, plus contemporaine, repensant avec architectes et décorateurs l’hébergement et la restauration tout en privilégiant les matériaux naturels, comme au Japon. Ainsi, dans quelques mois, l’hôtel révélera son nouveau visage, digne d’un cinq-étoiles. Tout en préservant son caractère alsacien, familial, et son accueil bienveillant, Maxime et sa sœur, mariée au chef de cuisine, elle-même pâtissière hors pair, y tiennent et y veillent. Car l’hôtel des Wucher est avant tout une institution sur la célèbre route des vins d’Alsace. Une institution menée de main de maître depuis quatre générations par la famille Wucher.
Un succès quasi immédiat
Quand, en 2010, Marc Wucher passe les commandes à ses enfants, il se doute bien qu’ils vont faire bouger les lignes. Mais à ce point, certainement pas ! Il avait pourtant en son temps lui-même tout bouleversé. Pour comprendre l’attachement de Marc à ces lieux, il faut remonter à l’époque troublée de la Seconde Guerre mondiale, quand sa maman Hélène cachait les jeunes gens fuyant l’Alsace pour ne pas être enrôlés dans l’armée allemande. Les hostilités terminées, elle recevra d’ailleurs la Croix de guerre avec palme, l’ordre national du Mérite et la Légion d’honneur.
Et surtout, la reconnaissance de nombreuses familles. Quand en 1954, après le décès brutal de son mari, elle ouvre, à la Pentecôte, avec sa maman Marie Kuntz en cuisine, une pension de famille de treize chambres doublée d’une bonne table, les clients affluent. Ils aiment tout autant l’ambiance que les bons plats de Marie. Pour répondre aux demandes de plus en plus nombreuses des gourmets et des voyageurs, les deux femmes décident, quatre ans plus tard, de doubler le nombre de chambres et d’agrandir le restaurant en lui adjoignant la salle Spindler – du nom d’un ébéniste réputé du Bas-Rhin. Marie et Hélène ont vu juste en investissant leurs économies. Leur pension affiche très vite complet douze mois sur douze.
De l’audace, toujours de l’audace
En 1970, lorsque Marc, le fils d’Hélène, entre dans l’affaire, il décide d’aller plus loin, en rénovant l’existant, en le structurant, en le modernisant. Ses idées portent vite leurs fruits puisque la pension passe de une à deux étoiles. Marc, diplômé de l’école hôtelière de Strasbourg, aime voyager dans le monde entier, revenant chaque fois avec des idées avant-gardistes. Il ose les buffets en parallèle des repas classiques, les grignotages, ce qu’on appelle aujourd’hui amuse-bouches et tapas. Un révolutionnaire, en quelque sorte, que sa grand-mère et sa mère regardent agir, parfois médusées. Mais comme elles le laissent faire, alors il fait ! Il ouvre dans les années 1980 un bar fumoir, un bowling, une salle de jeux et installe même un sauna, un jacuzzi… En 1981, il épouse Monique et le couple accueille un an plus tard le petit Maxime, et l’année suivante… une troisième étoile. Marc, que rien n’arrête, construit une piscine extérieure et un pool bar, juste avant la naissance de leur fille Marie. Puis une piscine intérieure et un vrai espace « wellness » avec bain à remous, hammam, sauna, programmes de remise en forme. En 1996, le Parc décroche sa quatrième étoile. En hommage à sa grand-mère Marie, Marc ajoute un restaurant traditionnel alsacien, le Staub. Son fils Maxime, étudiant, part alors au Japon pour découvrir tout à la fois l’hôtellerie de pointe, les onsen, les eaux thermales, les spas.
Marc lui rend visite et à son retour, en 2003, ouvre avec son épouse Monique un « Asian Spa », niché derrière de hautes portes sculptées chinées au Rajasthan. Ce n’était que le début de l’expansion de l’offre bien-être et, aujourd’hui, Marc hausse parfois les sourcils devant les délires de son fils Maxime, les créations pâtissières osées mais délicieuses de sa fille Marie et les menus de son gendre qui, comme elle, décline des cartes aux spécialités healthy mais aussi gourmandes ou 100 % alsaciennes. En dignes descendants de Marie, l’arrière-grand-mère cuisinière ! La suite de l’histoire, les jumeaux de Maxime, âgés aujourd’hui de 8 ans, et les garçons de Marie, leurs cousins, à peu près du même âge, l’écriront peut-être. En Alsace ou sur une tout autre planète. Mais avec autant d’ingéniosité, d’originalité que leurs ancêtres sans doute et dans le plus profond respect de ce qu’ils ont construit. En attendant, rendez-vous dans quelques mois pour découvrir les nouveautés de cet établissement familial qui est loin d’avoir dit son dernier mot…
Pour en savoir plus : www.leparchotel.fr

