Par Z. A.
A l’approche de la Coupe du monde 2030, le Royaume attire un nombre croissant d’investisseurs internationaux séduits par la stabilité du pays et les opportunités offertes par un marché touristique encore en pleine expansion.
Le Maroc confirme son statut de destination privilégiée pour l’investissement touristique et hôtelier. Réuni à Rabat les 9, 10 et 11 juin, le GBB Investment Summit Morocco, suivi de la 6ème édition du Hospitality Innovation Summit Morocco, a eu pour objectif d’accompagner la prochaine phase de croissance du Royaume.
Pensé comme une plateforme de rencontres et d’affaires, le GBB Investment Summit Morocco a réuni des investisseurs de premier plan, des promoteurs, des opérateurs et des partenaires stratégiques actifs dans les secteurs de l’hôtellerie, du tourisme et de l’immobilier. L’ambition est claire : connecter les détenteurs de capitaux aux porteurs de projets afin d’accélérer les investissements dans un pays qui connaît une dynamique particulièrement favorable.
Cette édition intervient à un moment charnière pour le Maroc, qui s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le développement de ses secteurs hôtelier, touristique et immobilier, portés par une dynamique d’investissement particulièrement soutenue.
«Nous sommes passés de 13 millions de touristes en 2019 à 20 millions en 2025. Aujourd’hui, le Maroc est 22ème dans le classement mondial, selon l’ONU tourisme. Nous avons gagné 12 places par rapport à 2019. Ce résultat, nous l’avons obtenu grâce à la mise en œuvre de la feuille de route 2023-2026 du tourisme, qui a aussi permis de gagner la confiance des investisseurs dans la destination Maroc. Et la meilleure preuve en est ce que nous avons pu réaliser dans l'hébergement», déclare Fatim-Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire, en marge de l’événement. Selon elle, 45.000 nouveaux lits ont été créés ces dernières années, et «beaucoup sont encore dans le pipeline pour permettre d’accueillir 26 millions de touristes en 2030». Le GBB Investment Summit est l’occasion parfaite pour «accélérer la cadence», ajoute-t-elle.
Pour Hamid Bentahar, président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), la forte participation internationale illustre l’intérêt grandissant pour le Royaume. «Des grands opérateurs marocains mais aussi internationaux sont présents pour comprendre le momentum exceptionnel que vit le Maroc et le succès de la vision royale qui a fait du Royaume un leader continental attirant les grands investisseurs», explique-t-il.
L’effet Coupe du monde 2030
L’organisation de la Coupe du monde FIFA 2030 est un puissant catalyseur. Le Maroc déploie actuellement l’un des programmes d’expansion hôtelière et immobilière les plus ambitieux de la région, soutenu par d’importants investissements dans les infrastructures, l’amélioration de la connectivité aérienne et l’objectif national d’accueillir 26 millions de touristes à la fin de la décennie.
Pour Ravi Kumar Chandran, fondateur et CEO de GBB, «ce que nous observons aujourd'hui au Maroc n'est pas une projection. C'est une réalité. Les investisseurs qui se positionnent en 2026 et 2027 déploieront leurs capitaux aux valorisations pré-événement. Ceux qui attendent devront acquérir les mêmes actifs à des prix réévalués deux ans plus tard», estime-t-il.
Cette dynamique se traduit par un intérêt croissant pour les actifs hôteliers, les projets mixtes, les résidences de marque, les corridors touristiques et l’immobilier à vocation touristique. Des investisseurs du Golfe, des institutions européennes, des opérateurs panafricains et des promoteurs régionaux multiplient les démarches pour se positionner sur le marché marocain.
Un avantage concurrentiel fondé sur l’authenticité
Lors de la séance inaugurale, Fatim-Zahra Ammor a insisté sur un atout spécifique du Maroc. Si les grandes chaînes internationales apportent visibilité et standards mondiaux, le Royaume dispose également d’un patrimoine touristique difficilement reproductible.
«Nos riads, kasbahs, maisons d'hôtes et hébergements patrimoniaux ne sont pas de simples produits hôteliers. Ils font partie intégrante de l'expérience touristique», a-t-elle souligné.
D’ailleurs, le Royaume dispose d’une combinaison rare, selon la responsable. Il bénéficie de fondamentaux solides, d'une stabilité politique, d'une vision crédible à long terme, et d'un marché encore en construction. «La plupart des destinations matures gèrent la saturation. Nous, nous gérons la croissance. C'est un avantage concurrentiel considérable que nous entendons préserver», affirme-t-elle.
Même son de cloche du côté de Hamid Bentahar, pour qui le Maroc a «une vision et une discipline dont l’exécution a fait ses preuves et qui attire, aujourd’hui, des investisseurs du monde entier».
Le président du CNT souligne que le Maroc se distingue par «une demande de marché en croissance permanente», mais aussi une «flexibilité opérationnelle», vu la manière dont «le gouvernement investit dans l'aérien et dans la promotion, de manière disciplinée et structurée». Il explique que «les investisseurs ont besoin de stabilité. Et notre pays offre cette stabilité parce que c'est la deuxième monarchie la plus ancienne au monde, mais aussi parce qu’il y a une rigueur, une discipline et une continuité dans la vision».
Pour Hamid Bentahar, le principal message est désormais de changer d’échelle. «Il est temps de viser plus grand, d’imaginer des projets à impact plus fort. Nous avons changé de dimension avec les infrastructures sportives. Nous devons désormais franchir le même cap dans l’hôtellerie», estime-t-il.

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