Le décret tertiaire* contraint les propriétaires de lieux de 1000m2 au minimum à faire un audit de leur consommation énergétique, puis la déclarer en ligne et tenter de la réduire (de 40% à l’horizon 2030).

Les mauvais élèves pointés du doigt ?

L’absence de déclaration expose le propriétaire ou le preneur à bail à une amende. « Les pénalités sont dérisoires, et donc non dissuasives », explique à L’Écho touristique Claire Gagnaire, secrétaire générale d’Hellio, à l’occasion du forum A World for Travel. L’amende va de 1 500 euros pour les personnes physiques à 7 500 euros pour les personnes morales.

Surtout, le gouvernement menace de pointer à terme les mauvais élèves sur une de ses plateformes, en vertu du principe du « name and shame ». « C’est une épée de Damoclès », estime la secrétaire générale d’Hellio, spécialiste en économies d’énergie.

Dans l’hôtellerie, très concernée par cette réglementation, le décret est-il respecté ? « De grands groupes se montrent très engagés, comme Accor, Pierre et Vacances Center Parcs et Belambra, poursuit Claire Gagnaire. Des hôtels indépendants aussi, mais en moins grand nombre. »

Des aides des énergéticiens

Le travail d’audit qui sert de point de départ fondamental et les travaux de rénovation qui peuvent en découler représentent parfois un investissement considérable. De plus, les aides publiques pour alléger la facture diminuent « depuis trois ans », ajoute Claire Gagnaire.

« Dans ce contexte, nous préconisons les certificats d’économies d’énergie ou CEE », poursuit l’ancienne patronne de Sabre France, bien connue des acteurs du voyage. De quoi s’agit-il ? L’État impose aux énergéticiens de faire des économies d’énergie et d’inciter leurs clients à en faire tout autant. Sous peine de sanctions qui peuvent atteindre des millions d’euros. Par conséquent, quand Total et EDF installent des chaudières plus performantes chez des particuliers ou dans des hôtels, ils obtiennent des CEE.

Une prise en charge au moins partielle

« Les hôtels peuvent ainsi bénéficier d’aides privées à la rénovation énergétique pour mieux isoler par exemple. »

Claire Gagnaire donne deux exemples concrets. Avec ce dispositif privé et triangulaire, l’Hôtel San Régis à Paris a ainsi intégralement financé ses travaux de calorifugeage et d’isolation, d’un montant de 11 000 euros. L’hôtel Hilton de Strasbourg a pour sa part obtenu 70 000 euros d’aides via des CEE. Un montant significatif sur les 340 000 euros de travaux.

*Dispositif Éco Énergie Tertiaire (DEET)