Effectivement, notre objectif est d'atteindre un total de 12 hôtels "Net Zero" d'ici fin 2026. Deux établissements sont déjà opérationnels et servent de modèle, le Radisson Red Oslo City Centre et le Radisson Hotel Manchester City Centre. Notre ambition est d'étendre par la suite ce type d'établissement au maximum au niveau du groupe.
Cette nouvelle approche est née d'une volonté de décarboner notre activité et nous constatons que cela résonne fortement chez nos clients. Pour les deux hôtels déjà ouverts, non seulement la satisfaction client a augmenté, mais pour 20% d'entre eux, cela a positivement influencé leur décision de réservation. La visibilité de ces hôtels sur internet a également augmenté de 70%, ce qui renforce leur compétitivité et démontre une réelle attraction du marché pour ce type de projet.
Concrètement, qu'est-ce qu'un hôtel "Net Zero" ?
Un hôtel "Net Zero" fonctionne avec 100% d'énergie renouvelable, nous avons électrifié les installations et nous achetons de l'énergie certifiée renouvelable. Nous avons réussi à éliminer l'intégralité de nos émissions carbone sur les Scopes 1 et 2, et réduit significativement l'empreinte sur le Scope 3. Pour le Scope 3, le plus grand défi était de mesurer l'empreinte de nos services, en particulier celui de la restauration (F&B). Pour la partie F&B, nous avons créé un réseau de partenaires innovants pour nous aider. Actuellement nous travaillons avec Klimato, une société qui calcule l'empreinte carbone de chaque recette de nos menus de façon régionalisée et qui nous aide ensuite à réduire concrètement cette empreinte dans la conception des plats.
Nous avons appliqué cette méthode à l'offre de restauration de l'hôtel, et sur notre offre traiteur pour nos clients MICE, où les volumes sont très importants. À Oslo, par exemple, nous avons réussi à réduire de 80% l'empreinte carbone des événements et séminaires grâce à cette initiative. Les retours sont excellents, et les nouveaux menus sont même souvent mieux appréciés.
On observe que la durabilité devient un critère de plus en plus important dans les appels d'offres. Le confirmez-vous pour le secteur hôtelier ?
Il est encore un peu tôt pour affirmer que c'est aujourd'hui le critère décisif, mais nous souhaitons clairement aller dans cette direction et anticiper la tendance. Ce qui est certain, c'est que nos clients corporate apprécient énormément la démarche. Dans nos hôtels "Net Zero", nous voyons que c'est un modèle qui plaît aux organisateurs de voyages et aux clients finaux.
Comment gérez-vous ces transformations, sachant que Radisson n'est pas propriétaire des murs, et quel est le coût d'un tel projet ?
Le choix des hôtels à convertir a été fait en fonction de leur potentiel d'attractivité. Nous avons ciblé des établissements avec une forte clientèle de voyageurs d'affaires et une activité MICE importante. D'autres critères incluaient la faisabilité technique, l'accord du propriétaire et le potentiel du marché local à être sensible à cet argument.
Comme nous ne sommes jamais propriétaires des murs, nous n'avons pas directement la main sur le bâtiment. Cependant, nous avons déjà des cadres techniques durables très stricts. Désormais, lors d'une rénovation ou d'une construction, nous pouvons proposer au propriétaire d'ajouter cette "couche" supplémentaire pour atteindre le "Net Zero". Cela anticipe également les futures régulations européennes puisque dès 2028, tous les nouveaux bâtiments commerciaux devront se rapprocher du standard "Net Zero". Nos projets sont donc principalement des conversions ou des rénovations. Concernant le prix, l'investissement moyen pour une conversion "Net Zero" sur les deux premiers établissements s'élève à 1,5 million d'euros par hôtel. Ce montant a été entièrement financé par le groupe Radisson mais, cela n'a pas vocation à être systématique pour les prochains.

