"Nous sommes sur des comportements très météo-dépendants. Ce sont donc des réservations de dernière minute voire d'ultra dernière minute" explique Christophe Voisin, directeur du développement à l'agence départementale du tourisme Béarn-Pays Basque. Les séjours sont aussi plus courts, pas forcément du samedi au samedi. "La dynamique touristique est aussi porté par les excursionnistes" poursuit le professionnel, c'est à dire ceux qui ne passent pas une nuit sur place. Ils peuvent venir d'Espagne ou des départements limitrophes.

Owen Lagadec-Iriarte est directeur général de la plate-forme de meublés de tourisme Poplidays dont le siège social est à Biarritz (groupe Hetzi). Le site met en ligne 60 000 annonces en France et dans le monde, gérées par des professionnels comme les agents immobilier. Poplidays emploie 40 personnes au Pays Basque. Il observe quant à lui un léger recul des réservations pour les vacances de Pâques et notamment pour la zone C, celle des Parisiens, sans pour autant faire de lien avec la situation internationale. Pour l'été 2026, sur le marché du meublé, il note un recul de 18% des réservations venues d'Allemagne. Ces vacanciers ont pour l'instant fait leur choix en Espagne.

Jon Patxi Maillo quant à lui représente la fédération de l'hôtellerie de plein air du Pays Basque, à la tête du camping Suhiberry d'Urrugne. Pour lui et ses collègues, la période est encourageante. Depuis le Covid, les vacanciers reviennent vers les campings qui ont dû s'adapter. Mobil-home, chalets, tentes aménagées ou emplacements nus pour des vans, tentes et caravanes font partie de la large palette d'offres des professionnels de l'hôtellerie de plein air. Les budgets des vacanciers sont serrés et certains font des économies sur les consommations par exemple.

2 000 meublés de moins selon l'ADT64

Depuis le 1er mars 2023 dans 24 communes littorales et retro-littorales, un propriétaire de meublé touristique qui loue plus de 120 jours par an doit compenser la perte de cet habitat à l'année (sauf pour les étudiants de septembre à mai) par la création d'un logement à l'année en transformant un bien qui n'était pas destiné à la location (bureau, commerce...). Cette mesure est contestée et certains élus demandent son assouplissement. "Beaucoup de professionnels ont cessé leur activité, d'autres poursuivent avec ce qu'il reste de meublés. Au mois d'avril 2026, j'ai 4 000 logements diffusés de moins qu'en avril 2022" remarque Owen Lagadec-Iriarté.

"Sur 2023-2025, on observe une diminution de 15% des meublés mis sur le marché des grandes plate-forme de réservation, ce qui occasionne une baisse de 2 000 meublés. Le plein effet de la mesure, on la mesurera en 2026" précise Christophe Voisin. L'agence départementale du tourisme étudie actuellement la corrélation ou non entre la baisse des meublés de tourisme et la baisse des vacanciers qui logent sur notre territoire.