Ce que cette entente nous apprend, c’est ceci.

L’entente, c’est celle-ci : la Corée du Sud a instauré un « couloir d’innovation » afin d’intégrer sa technologie au secteur touristique thaïlandais, dans le but de résoudre des problèmes structurels tels que la pénurie de main-d’œuvre et l’érosion des marges bénéficiaires.

On le devine avant même de nous le dire : précisément, cette technologie est conçue pour réduire les coûts d’exploitation et améliorer la productivité. C’est toujours ainsi, peu importe le domaine, que l’on vende des hamburgers ou qu’on loue des chambres d’hôtel.

La commande de la Thaïlande est celle-ci : accroître le nombre de ses visiteurs, en misant sur un changement stratégique privilégiant la valeur au volume.

La méthode de la Corée du Sud est celle-là : l’IA pour corriger une faille structurelle qu’aucune campagne marketing ne peut corriger. Cette faille, pour la Thaïlande, c’est celle-ci : une pénurie de main-d’œuvre croissante, des systèmes opérationnels fragmentés et une érosion chronique des marges bénéficiaires des hôtels.

« L’urgence de ce partenariat est facile à comprendre. Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) a averti que le secteur hôtelier mondial sera confronté à une pénurie de 8,6 millions de travailleurs d’ici 2035. En Thaïlande, la situation est déjà critique : les hôteliers se disputent une main-d’œuvre de plus en plus rare tout en absorbant des coûts énergétiques et opérationnels en hausse » explique-t-on dans The Nation.

Les impacts d’une telle situation sont directement ressentis par la clientèle :

« Comme le soulignent les analystes du secteur, cette pénurie de main-d’œuvre se traduit directement par un service plus lent, des frais généraux plus élevés et des avis clients négatifs qui aggravent les pertes de réservations. »

Pourquoi la Corée du Sud, pourquoi l’hôtellerie

Le second est dans le collimateur du premier, pour cette raison : le tourisme a été explicitement positionné comme un terrain d’expérimentation commercial privilégié pour ces technologies basées sur l’Intelligence Artificielle.

En d’autres mots, notre industrie serait un cobaye parfait pour l’expérimentation des innovations relevant de l’IA.

Un potentiel stupéfiant

La lecture du dossier de cette entente nous apprend que le potentiel de la démarche est stupéfiant. Stupéfiant comment ? Comme ceci : des cinq startups coréennes impliquées dans ce couloir d’innovation, l’une d’elles, Alicorn, s’attaque au défi le plus urgent auquel sont confrontés les hôteliers thaïlandais : le coût et la rareté de la main-d’œuvre.

Et voici comment ça se passe.

La startup a développé une plateforme qui unifie le contrôle d’accès, la sécurité et le traitement des paiements au sein d’un système unique et interopérable. Conçue pour moderniser les équipements hôteliers existants plutôt que de les remplacer, elle permet de réduire les dépenses d’investissement jusqu’à dix fois.

Déployée dans plus de 100 établissements, notamment grâce à un partenariat avec le groupe hôtelier Shin à Chiang Mai, la plateforme présage déjà une réduction de 96 % des coûts de main-d’œuvre et une amélioration de 30 % des bénéfices d’exploitation, tout en maintenant un taux de satisfaction client de 98 %.

Vraiment, vraiment pas banal.