Les places sont chères. Plages, piscines… Dès les premiers rayons de soleil, les chaises longues disposées le long des lieux de baignade font l’objet d’une guerre sans merci pour se les approprier. Certains vacanciers ont mis au point une tactique pour le moins controversée : déposer une serviette sur un transat afin d’indiquer que la place est «réservée». 

Cette pratique serait perçue comme moins abusive si les réservataires ne s’absentaient pas parfois pendant plusieurs heures, au grand dam des baigneurs qui cherchent désespérément une place libre. Pourtant, chaque année, le phénomène de monopolisation des transats se répand davantage. 

Les Français plaident coupable

Les Français seraient nombreux à s’adonner à cette pratique. A vrai dire, ils constituent même les vacanciers européens les plus susceptibles de se réveiller à l'aube pour réserver leur place sur les chaises longues, selon un sondage YouGov relayé par le quotidien britannique The Guardian.

Selon les données de l’institut, 45% des vacanciers français déclarent ainsi avoir déjà déposé une serviette sur un transat pour le réserver. Ils ne sont pas les seuls. Leurs voisins italiens figurent, côte à côte, en haut de ce classement peu reluisant. 

Viennent ensuite les vacanciers allemands, qui sont 38% à admettre avoir déjà eu recours à cette pratique. Enfin, les Britanniques font figure de vacanciers modèles (33%). 

Interrogés sur ces résultats par le Guardian, certains habitants du sud de la France n’ont pas été étonnés. «Je le vois tout le temps dans mon club de plage local», a déploré Chantal Henry, qui vit à Menton, dans les Alpes-Maritimes. «C’est toujours les Italiens», a toutefois soutenu l’une de ses amies. 

De la serviette au parasol 

Il faut dire que les Transalpins sont devenus de véritables maîtres en la matière, rivalisant d’ingéniosité pour développer de nouvelles techniques. 

Les autorités italiennes ont ainsi identifié un nouveau phénomène surnommé «furbetti dell’ombrellone» par la presse, soit littéralement «les petits malins du parasol». Certains n’hésitent pas, en effet, à planter un parasol à côté d’un transat pendant la nuit pour réserver une place sur les plages italiennes. 

Pour remédier à cette situation, des solutions technologiques ont été mises au point. La start-up française Naqualea a notamment créé un dispositif permettant d’encadrer l’usage des chaises longues pour les hôtels. 

Concrètement, des capteurs sont placés sous les transats afin de détecter leur disponibilité en temps réel. Les données recueillies sont ensuite envoyées vers une application mobile mise à disposition des clients. Les établissements se voient, quant à eux, proposer une plate-forme permettant d’optimiser les ressources.