C’est une renaissance. Au pied de la porte de Bourgogne, le café Dunya avait tiré le rideau depuis de longs mois. Connu pour ses démêlés avec la justice, l’établissement restait néanmoins apprécié dans le quartier et son absence n’est pas passée inaperçue sur l’emblématique place de Bordeaux. Comme la nature a horreur du vide, les lieux ont repris vie fin juin 2026 avec l’ouverture de l’Hôtel Bourgogne.

« Les gens peuvent passer, on est toujours là », promettent les trois potes aux manettes. Originaires de Bordeaux, Arthur, Grégoire et Adrien sont amis depuis l’adolescence et « se complètent bien ». Entre 28 et 29 ans, ils cumulent de l’expérience en restauration, en cuisine et derrière les platines. Un combo taillé sur mesure pour ouvrir leur bar-restaurant. 

Un lieu tristement célèbre

Leur choix s’est porté sur le Café Dunya et les discussions ont été entamés « il y a un peu plus d’un an ». L’établissement était encore ouvert, un lieu apprécié de tout le quartier malgré des ennuis judiciaires à répétition. 

Le Café Dunya avait écopé d’une fermeture administrative de six mois en décembre 2022 pour avoir été « le siège de trafics quasi-quotidiens d’objets volés et d’argent ». Le gérant avait contesté cette décision, sans succès. « L’enquête a mis en évidence un réseau de revendeurs, receleurs et voleurs agissant aux abords, sur la terrasse et dans l’établissement », avait confirmé la justice à la mi-juin 2025. 

Une nouvelle fermeture de six mois avait ensuite été ordonnée à l’automne. Cette fois, une bagarre démarrée dans l’établissement avait dégénéré et s’était soldée par un meurtre à l’extérieur.

Changer de nom pour tourner la page ?

Ces sanctions, tombées en pleine négociation, n’ont pas refroidi les trois acolytes. L’un d’eux a même vécu quatre ans au-dessus du local, sans aucun souci. Pour changer l’image des lieux, le trio a d’abord décidé de changer de nom. Fini, le tristement célèbre Café Dunya. Après un tour dans les archives, ils ont retrouvé un nom du siècle passé : l’Hôtel Bourgogne. 

Trois mois de travaux ont suivi, avec l’intérieur entièrement refait. Dans ce bar-restaurant hybride, on peut désormais servir 130 couverts : 55 intérieur et 80 dehors… pour le moment. La terrasse devrait être agrandie vers la place. Elle propose une part d’ombre bienvenue pendant les fortes chaleurs.

Ici, les clients peuvent « manger ou boire un verre, sans différenciation ». Ouvert de 16 heures à 2 heures du matin tous les jours, l’établissement propose des assiettes à partager. « C’est une cuisine cool mais pas chère, avec une carte qui tourne suivant la saison », explique Grégoire. Comptez entre 6 et 13 euros l’assiette (« il en faut quatre pour deux », précise l’un des gérants) et de 9 à 11 euros pour les cocktails.

Autre point d’honneur : l’ambiance musicale dans un style plutôt large. « Disco, rock, funk », listent les amis. Des DJs seront souvent invités aux platines, surtout après le service.

« On est sur une belle place et on a une belle terrasse. » Arthur, Grégoire et Adrien comptent bien profiter de cet emplacement touristique, sans pour autant dénaturer les lieux ni chasser les habitués : pour eux, l’endroit doit d’abord vivre pour son quartier. « On veut créer un lieu de vie avec bonne ambiance. On s’entend hyper bien avec les voisins et les habitants, la place est super agréable malgré l’image qu’elle se colle. »