Attention ! Tout doit être irréprochable pour accueillir une chanteuse de jazz venue de Chicago et pour le grand bal masqué, annoncé comme l’événement mondain de la saison. Mais lorsque plusieurs chambres sont fouillées – dont la sienne – Kitty comprend rapidement que l’hôtel est la cible de manœuvres inquiétantes.

Dans la petite ville voisine, des rumeurs circulent : un rubis disparu attiserait bien des convoitises. Or, ce joyau aurait appartenu à la mère de Kitty, mystérieusement disparue pendant la Grande Guerre. Bientôt, les effractions cèdent la place à une série d’agressions, puis à des meurtres sanglants – l’ancienne mairesse de la ville en sera elle-même victime. Le danger est désormais palpable : celui qui recherche la pierre précieuse semble prêt à tout.

Aux côtés de Matthew Bryant, ancien capitaine de l’armée devenu responsable de la sécurité du Dolphin, Kitty s’engage à lever le voile sur cette affaire. Entre la préservation de la réputation de l’hôtel et la protection de ses invités, la jeune femme devra affronter une vérité plus sombre qu’elle ne l’imaginait.

Un tueur impitoyable rôde-t-il sous son toit ? Et quel secret enfoui relie le rubis disparu au passé douloureux de sa famille ?

L’AUTRICE :Helena Dixon est une autrice britannique.Passionnée par l’époque de l’entre-deux-guerres, les romans poli-ciers à énigme, elle aime mettre en scène des personnages fémi-nins intelligent, à l’image de Miss Jane Marple.Meurtre au Dolphin Hotel est le premier tome de la série Miss Un-derhay Mysteries, saluée par la critique et par lectrices et lecteurs outre-Manche.

EXTRAIT : Kitty Underhay tenait la réception de l’hôtel de sa grandmère. De l’autre côté des portes tour-nantes, l’après-midi était vif et ensoleillé. Le hall embaumait d’un parfum de cire d’abeille et de lavande, et des particules de poussière flottaient dans l’air.— Un corps a été sorti de la rivière ce matin, murmura Cora à Kitty en passant son chiffon sur le dessus du comptoir.La femme d’âge moyen vérifia rapidement qu’il n’y avait pas de clients à portée de voix avant de poursuivre son récit.— Un étranger, un Néerlandais, qu’ils ont dit. Une sale histoire, apparemment. L’agent m’a dit qu’il s’était fait f racasser le crâne.— Cora, vraiment, la réprimanda Kitty en la fusillant du regard. Vous êtes impossible !Son employée était f riande de ragots, et dans une petite ville telle que Dartmouth, bourgade paresseuse située en bord de fleuve, un meurtre de cette envergure était pour le moins inha-bituel. Cora s’activait autour du comptoir, son visage rond rayonnantde l’enthousiasme d’avoir des nouvelles f raîches à raconter.— La police fouille les berges à partir du ferry nord. M. Farjeon a trouvé l’homme dans l’eau quand il a voulu ouvrir sa boutique. Il dit qu’il l’a pris pour un chien mort et qu’il est allé s’em-parer d’un long bâton. Et là, il s’est retrouvé devant un visage, les yeux vitreux, tout couvert d’algues, relata la corpulente femme de ménage en f rissonnant.Kitty soupira. Cora était difficile à arrêter une fois lancée, mais elle devait admettre que sa cu-riosité était piquée, quand bien même elle se serait passée des détails. À Dartmouth comme dans toute ville portuaire et attirant de nombreux vacanciers, on devait bien s’attendre à cer-tains incidents, surtout avec la présence du centre de formation des officiers de la marine, le Naval College, sur la colline au nord-ouest. Malgré tout, un meurtre, d’un non-résident qui plus est, c’était en effet un événement.— Les étrangers, on ne peut pas leur faire confiance, ditCora en retroussant les lèvres et en f rottant une tache imaginaire devant le registre des clients. J’ai également entendu que... Ce qu’elle s’apprêtait à ajouter se perdit : la grand-mère de Kitty, une petite dame élégante vêtue d’un costume en tweed et d’un chemisier en soie agrémenté d’un collier de perles, venait d’apparaître à la réception.— Le comptoir me semble suffisamment propre à présent, merci, Cora. Kitty, ma chère, concentre-toi sur ton travail, s’il te plaît. Il faut que tu sois plus alerte lorsque tu tiens le gui-chet. Quand on séjourne au Dolphin Hotel, on s’attend à un établissementde prestige.Cora rangea son chiffon à poussière dans la poche de son tablier blanc amidonné et s’éloi-gna à pas vifs, clairement vexée de ne pas avoir pu terminer son histoire. Kitty s’arracha à la contemplation du paysage en effervescence de la rivière devant l’hôtel, sans savoir s’il fallait rire ou soupirer. Elle se demanda combien de leurs clients s’étaient rendus tout au bout de la