Un palier bas et des prévisions en dents de scie. C’est en ces termes que le Medef Vienne qualifie l’activité sur la base de l’enquête de conjoncture menée auprès de 145 chefs d’entreprise du département, employant 9.700 salariés, en juin 2025. L’évolution de l’activité « demeure à un niveau particulièrement bas et peine à rebondir véritablement », souligne encore les conclusions de l’enquête qui souligne un contexte politique, national et international « plus critique ». Celle-ci détaille la tendance dans chaque secteur économique.
Pour le commerce et la distribution, si l’activité dans ce domaine laissait poindre une embellie au printemps, la tendance de long terme moins encourageante se confirme. Ainsi, les professionnels de la distribution ne sont plus que 15 % à juger leur activité satisfaisante, contre 31 % au printemps et 43 % il y a un an. Dans le même temps, les situations jugées négatives augmentent sensiblement. Les prévisions sont jugées « préoccupantes » : seulement 8 % des acteurs anticipent une activité bien orientée et 23 % une dégradation de celle-ci.
« Atonie, morosité et manque de dynamisme »
L’activité du BTP (bâtiment travaux publics) et espaces verts « confirme sa bonne dynamique » avec 57 % des entrepreneurs qui jugent leur activité satisfaisante, ils n’étaient que 55 % au printemps et seulement 31 % il y a un an. Les prévisions sont encourageantes dans ce secteur avec 71 % d’anticipations favorables et aucune défavorable.
Dans l’industrie, l’activité est « tendue » depuis plusieurs mois même si 39 % des entrepreneurs se déclarent satisfaits de leur activité, contre 29 % il y a un an. « Les industries manufacturières, automobiles et aéronautiques sont les mieux orientées alors que la situation est plus contrastée pour la métallurgie. » Quant aux prévisions, elles sont prudentes et tendent vers une stabilité de l’activité dans ce secteur.
Enfin, au niveau des services, « la dynamique de redressement observée au printemps se confirme ». Ainsi, 55 % des entrepreneurs du secteur jugent leur activité satisfaisante contre 11 % qui l’estime dégradée. Le Medef note néanmoins que la situation dans l’hôtellerie et la restauration est « au mieux jugée stable, sans relief ». Dans ce contexte, les prévisions demeurent prudentes avec 40 % de jugements favorables et 11 % qui prévoient une dégradation.
Davantage d’intentions de création d’emplois que de réduction
Sur le plan de l’emploi, le ralentissement se confirme selon l’enquête patronale qui évoque « l’atonie, la morosité et le manque de dynamisme » global. Le Medef voit plusieurs obstacles à la création d’emplois : difficultés à trouver des talents, coût du travail, attrition des carnets de commandes. Reste que « les intentions de création d’emplois sont encore supérieures aux intentions de réduction d’effectifs ». Seulement ces bonnes intentions sont « assez proches de ce qui avait été observé pendant la crise Covid ». Rien d’exceptionnel non plus.
Dans l’industrie, les entrepreneurs de la Vienne sont 23 % à déclarer vouloir recruter alors que les intentions de réduire les effectifs se situent à 4 % et que 9 % sont dans une forme d’attentisme. Dans les services, le ralentissement se confirme avec 18 % des acteurs qui déclarent vouloir embaucher, contre 24 % au trimestre précédent. Mais des ajustements à la baisse sont aussi envisagés par 15 % des chefs d’entreprise. Dans la distribution, « les intentions de réduction d’effectifs explosent avec 23 % », là où elles étaient nulles précédemment. Enfin, dans le BTP, « il n’y a pas d’intentions de réduction d’effectifs » et les intentions d’embauches demeurent assez fortes à 29 %.