L'établissement n'a pas réussi à sortir la tête de l'eau. L'hôtel du Relais Fleuri, à Sauvigny-le-Bois, près d'Avallon, vient d'être placé en liquidation judiciaire par le tribunal des activités économiques d'Auxerre, ce jeudi 13 novembre. Il était fermé depuis le mois d'août, sur fond de tensions entre l'actionnaire et célèbre antiquaire Julien Cohen et la gestionnaire Karen Ohana-Cohen, en instance de divorce. "Une fin inéluctable" selon Anthony Kessler, secrétaire du syndicat Solidaires dans l'Yonne, alors que l'hôtel était placé en redressement judiciaire, depuis la mi-septembre. Avec cette nouvelle décision, l'établissement cesse toute activité et le licenciement économique attend 13 salariés.
La reprise de l'activité "n'aurait pas pu être possible dans les conditions actuelles", commente Anthony Kessler, qui pointe un déficit "de plusieurs centaines de milliers d'euros" sur les comptes de la société. "Il n' y avait plus d'argent dans les caisses." Au total, une vingtaine de salariés se retrouvent sans emploi. La plupart d'entre eux avaient pris position en faveur de Julien Cohen. Certains ont même déposé plainte contre Karen Ohana-Cohen pour harcèlement moral. Une requête va également être déposée devant les Prud'hommes pour "demander des réparations".
"Tourner la page" de cette affaire
Les 13 salariés bientôt licenciés souhaitent "tourner la page" de cette affaire, dans laquelle Le Relais Fleuri est englué depuis l'été dernier. "Leur sentiment est mitigé, souligne le secrétaire départemental de Solidaire. Pour eux, c'est la fin d'un établissement réputé dans l'Avallonais, mais c'est aussi une délivrance car ils vont pouvoir ne plus travailler sous la responsabilité de Karen Ohana-Cohen. Ils vont obtenir leur licenciement d'ici très peu de temps et pouvoir éventuellement retravailler ailleurs."
L'actionnaire du Relais Fleuri, Julien Cohen, parle lui d'un "immense gâchis". Avec son épouse, le célèbre antiquaire avait racheté l'établissement en mai 2024. "Nous n'avons fait que l'embellir mais sa richesse, c'était avant tout son équipe, souligne-t-il. L'équipe a été scindée en deux par l'entremise d'un divorce houleux, mais derrière moi, j'avais des salariés très motivés et je trouve que c'est dommage. Ils sont malheureusement laissés sur le carreau. Ce n'est pas ma femme à Paris, dans le 16e arrondissement, qui va être impactée par ça. Je trouve lamentable de s'en prendre indirectement à des salariés pour me toucher." Karen Ohana-Cohen n'a pas souhaité donner suite à nos sollicitations.
