Un faux plafond s'est partiellement effondré vers 12h, au premier étage de l'hôtel de Bâle, en plein centre de Mulhouse (Haut-Rhin), le 31 juillet 2026. Tous les occupants ont été évacués par les pompiers de Mulhouse, il s'agit de 50 mineurs isolés étrangers, logés par la Fondation du Diaconat.
Le directeur des services "mineurs non accompagnés du 68", pour la Fondation du Diaconat, Yann Bitsch, a lui-même décidé de l'évacuation des jeunes. "On s'est rendu compte que le plafond du réfectoire était fissuré, avec un aspect friable qui fait penser à un dégât des eaux, explique-t-il. Et dans la mesure où on héberge 47 mineurs non accompagnés, donc des jeunes protégés par l'aide sociale à l'enfance [ASE, ndlr], on a, par mesure de précaution, décidé d'évacuer et d'appeler les pompiers."
La rue où se situe l'hôtel a été coupée, le temps de l'intervention des pompiers. Le bar "Les Potins" et le boucher, mitoyens, sont un peu inquiets d'un éventuel risque d'effondrement.
L'association attend maintenant une expertise, mais qui va mettre du temps à se faire. "On a décidé de les reloger, les mineurs, en interne et en externe vers des dispositifs qui ont l'habitude d'héberger des mineurs non accompagnés", dit Yann Bitsch. Des solutions temporaires ou définitives ont été trouvées, "il y avait suffisamment de place finalement au Samie 67, qui fait partie aussi de la Fondation du Diaconat. Ma seule préoccupation, c'est la sécurité des mineurs qui nous sont confiés par l'ASE".
"Ma seule préoccupation, c'est la sécurité des mineurs qui nous sont confiés par l'Aide sociale à l'enfance."
Yann Bitsch, directeur des "mineurs non accompagnés du 68", pour la Fondation du Diaconat,
De son côté, la Communauté européenne d'Alsace (CEA) a confirmé que "des enfants confiés à l’ASE ont bien été évacués ce matin par mesure de précaution, en raison d’un risque lié à un affaissement du bâtiment. Ils ont tous été relogés par les services de la CEA".
Les 47 mineurs ont été relogés en deux heures
La CEA gère l'ensemble des jeunes pris en charge par l'ASE, qui sont ensuite logés dans différentes structures associatives ou privées à but non lucratif. En deux heures, les 47 mineurs ont tous été relogés, une rapidité rendue possible par un dispositif d'accueil de mineurs d'urgence, "et aussi parce que c'est une période creuse dans les arrivées de mineurs non accompagnés", précise Yann Bitsch.
Le Samie 68 (service d'accueil des mineurs isolés étrangers dans le 68) dispose de 50 places à l'hôtel de Bâle, les jeunes mineurs y restent quelques mois en moyenne, le temps pour les équipes qui les accompagnent d'évaluer leur niveau d'autonomie, de français et leurs besoins en accompagnement éducatif. Ils sont ensuite orientés vers des dispositifs MNA (mineurs non accompagnés), qui sont de petites colocations avec d'autres jeunes, pour aller vers toujours plus d'autonomie. "Et justement, le Samie 67 venait de rediriger beaucoup de jeunes dans les dispositifs MNA, explique Yann Bitsch, donc on a pu trouver des places rapidement aujourd'hui pour reloger ces 47 jeunes."
Après ce parcours et à leur majorité, 91 % des jeunes qui ont été pris en charge dans ces dispositifs d'accompagnement sortent avec une situation stable : un logement, un diplôme acquis ou en cours d'acquisition ou un emploi en CDD ou CDI, souvent dans des métiers en flux tendu (bâtiment, restauration, carreleur, serrurerie, installateurs sanitaires).