Le projet du gouvernement de taxer le pourboire n’est pour l’heure pas concrétisé
Depuis le 1er janvier 2022, les pourboires "remis volontairement aux salariés en contact avec la clientèle dont la rémunération ne dépasse pas 1,6 smic, sont exonérés de cotisations et contributions sociales, ainsi que d’impôt sur le revenu tout en étant intégrés au revenu fiscal de référence du bénéficiaire", explique l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH).
Les professionnels ont obtenu un sursis. "Ce régime spécifique, qui devait prendre fin le 31 décembre 2024, est prolongé d’un an, soit jusqu’au 31 décembre 2025". Mais après ? "Taxer le pourboire serait incompréhensible, réagit Thierry Deniau, hôtelier à Carcassonne et président de l’UMIH de l’Aude. Le pourboire, c’est quelque chose que les salariés ont en plus, ce n’est pas normal de le taxer".
Plus compliqué quand l’addition est réglée en espèces
Ce qui facilite le travail des pouvoirs publics, c’est l’utilisation de plus en plus courante du terminal de paiement pour régler l’addition. "Avant, on ne pouvait pas le faire. Aujourd’hui, quand quelqu’un donne un pourboire quand il règle son addition, c’est bien identifié. Quand la facture ne correspond pas à ce qui en caisse, l’État en déduit que la différence, c’est le pourboire".
Lorsque l’addition était réglée en espèces, il était difficile, pour les pouvoirs publics, d’en détacher la part consacrée au pourboire. Mais avec le développement du pairement avec la carte bancaire, le travail en est facilité. D’autant, ajoute Thierry Deniau, "que les gens donnent plus facilement en passant par le terminal de paiement car ils n’ont pas forcément toujours de la monnaie sur eux".
