Le réceptionniste d'un hôtel caladois, au gabarit impressionnant, ne s'est pas laissé intimider par le braqueur. Le 4 août 2025, vers 21 h 30, un jeune homme aujourd'hui âgé de 23 ans a tenté de faire main basse sur la recette de l'établissement.

Grâce à une simple chaise, la tentative de braquage du prévenu a été mis en échec. Le réceptionniste lui a ensuite intimé l'ordre de se coucher sur le sol de la réception. Les policiers l'ont interpellé quelques minutes plus tard.

L'individu avait consommé du crack au moment des faits

La scène, filmée par la vidéosurveillance de l'hôtel, a été projetée le 17 août dernier au tribunal judiciaire de Villefranche-sur-Saône, lors du jugement du jeune homme. Il a été poursuivi pour tentative de vol aggravé par trois circonstances : visage dissimulé sous un casque de moto, utilisation d’un cutter, faits commis de nuit dans un local professionnel.

"J’avais besoin d’argent pour acheter le cannabis. Il devait me faire redescendre de ma prise d'un gramme de crack. J’ai pris peur en voyant la corpulence du réceptionniste que j’ai supplié de me laisser repartir", a déclaré le prévenu.

Le rapport d'expertise psychiatrique diagnostique : délires de persécution, angoisses hallucinatoires, absence d’empathie, intolérance à la frustration, tentatives de suicide, polytoxicomanie ancienne chez un sujet suivi depuis de nombreuses années. L’expert a conclu à une altération du jugement au moment des faits.

Un prévenu en voie de réinsertion ?

Côté casier, le jeune homme a été condamné en 2023 pour une agression sexuelle sur sa demi-sœur puis en 2025 pour un vol commis par effraction. Il avait lui-même demandé à être placé sous le régime de la curatelle.

La présidente du tribunal l’a vivement sermonné : "Vous aviez accepté une peine de travaux d’intérêt général aux Restos du cœur, mais cela s’est mal passé. Un curateur, deux assistantes sociales, un éducateur, un psychologue, mais ce n’est toujours pas suffisant !".

L’avocate du prévenu a souligné qu'il était poursuivi pour tentative de vol et non pour vol. Elle a plaidé pour un sursis simple : "Il a accompli un gros travail sur lui-même, il a le soutien de sa famille, il est employé, en CDI, dans une boulangerie où sa grand-mère le véhicule chaque jour. Une peine de prison ferme anéantirait tout ce travail de réinsertion et ses horaires de travail ne sont pas compatibles avec le port d’un bracelet électronique."

Le tribunal a pris en compte l'altération du discernement dans son verdict. Le jeune homme a été condamné à douze mois d'emprisonnement, dont huit mois de sursis probatoire avec obligation de travail, de soins, d'indemnisation de la victime.

La peine ferme sera exécutée sous bracelet électronique. Il a interdiction de paraître dans les locaux de l'hôtel et de détenir une arme pendant une durée de trois ans.