Voilà une nouvelle qui ne va pas réjouir Saint-Tropez (Var) à quelques semaines de l’ouverture de la saison estivale. Le Byblos, l’un des établissements les plus emblématiques de la cité du Bailli de Suffren, ne fait plus partie du club très fermé des palaces français. La liste officielle, tenue à jour par Atout France, l’agence chargée de promouvoir le tourisme tricolore à l’étranger, vient d’être actualisée. Et le célèbre hôtel de l’avenue Paul-Signac n’y figure plus, comme l’a constaté l’AFP.
Au total, quatre établissements ont disparu de la liste depuis la dernière mise à jour, datée de 2019. Aux côtés du Byblos, on retrouve le Mandarin Oriental Paris, le Park Hyatt Paris-Vendôme et l’Hôtel du Palais à Biarritz. Résultat : la France ne compte désormais plus que 27 palaces, contre 31 il y a six ans.
Un label exigeant, renouvelable tous les trois ans
Créée en 2010 pour valoriser une appellation jusque-là utilisée à tout-va, la distinction « palace » récompense les hôtels cinq étoiles « d’exception ». Pour y prétendre, il faut cocher de nombreuses cases : une situation géographique remarquable, un caractère légendaire lié à une histoire ou à la fréquentation de personnalités, un service sur-mesure ultra-personnalisé… Bref, l’élite de l’hôtellerie de luxe.
Jusqu’en 2024, le titre était décerné pour cinq ans. Une réforme l’a depuis ramené à trois ans, obligeant chaque établissement à demander un renouvellement pour rester dans la course. C’est ce passage devant le jury qui n’a pas été couronné de succès pour le Byblos, selon les informations publiées par l’agence de presse.
Un palace depuis 2012 pour l’institution tropézienne
Le coup est rude pour la maison varoise. Le Byblos avait décroché la précieuse distinction le 28 juin 2012. Pendant treize ans, l’hôtel imaginé par l’homme d’affaires libanais Jean-Prosper Gay-Para, ouvert en 1967, a brandi ce sésame comme un étendard.
L’histoire du lieu tient pourtant du conte de fées tropézien. Selon la légende reprise par le site officiel de l’hôtel, Gay-Para voulait construire un palais digne de Brigitte Bardot, dont il était éperdument épris. Si la star ne céda jamais à ses avances, elle accepta de devenir la marraine de l’établissement. Inauguré en mai 1967 lors de trois jours de festivités où se pressèrent près de 700 invités triés sur le volet, le Byblos est rapidement devenu le QG de la jet-set internationale.
Mick Jagger, Liz Taylor, Romy Schneider…
L’hôtel a vu défiler des générations de célébrités. Liz Taylor, Richard Burton, Romy Schneider, Charles Aznavour, Louis de Funès (qui y posa ses valises pendant le tournage du Gendarme se marie), Michel Polnareff ou encore Eddie Barclay y ont leurs habitudes. C’est aussi au Byblos que Mick Jagger et Bianca Pérez ont passé leur lune de miel en 1971, après leur mariage à Saint-Tropez, accompagnés des autres Rolling Stones.
Sa discothèque, Les Caves du Roy, demeure aujourd’hui encore l’une des adresses les plus courues des nuits du Var. Avec ses 86 chambres et suites réparties sur 17 000 m², son spa Sisley, son nouveau Sky Bar et ses tables gastronomiques, l’établissement n’a jamais vraiment quitté son âge d’or.
L’établissement reste discret sur la décision
Contrairement à l’Hôtel du Palais à Biarritz et au Park Hyatt Paris-Vendôme, qui ont publié un communiqué commun transmis à l’AFP indiquant rester « concentrés sur leur mission première, prendre soin de leurs clients et partenaires en maintenant l’excellence de service pour lequel ils sont reconnus », le Byblos n’a pas, pour l’heure, officiellement réagi à cette perte.
L’hôtel a rouvert ses portes au mois d’avril pour une nouvelle saison qui s’annonce toutefois différente sur le papier. Une page se tourne, sans pour autant remettre en cause les cinq étoiles ni le prestige international de la maison.
De nouveaux palaces attendus début juin
La liste n’est pas figée. Six nouveaux établissements pourraient rejoindre le cercle restreint le 2 juin prochain, selon une source proche du dossier citée par l’AFP. De quoi compenser, au moins partiellement, les départs récents.
Au total, les 27 palaces français se répartissent aujourd’hui entre Paris (10 établissements), les Alpes (6, dont 5 à Courchevel), la Côte d’Azur et le Sud-Est (8), le Sud-Ouest (2) et les Caraïbes (1). Dans le Var et ses environs immédiats, le Château de la Messardière, La Réserve Ramatuelle et le Cheval Blanc St-Tropez conservent quant à eux leur précieux titre.