Si la Ville a des règles pour les dépenses de son personnel, elles ne s’appliquent pas aux élus, relève la vérificatrice générale de Montréal, Andrée Cossette, dans son rapport annuel déposé lundi.
Son bureau a analysé une trentaine de frais d’hôtel et une cinquantaine de repas remboursés sur présentation de facture.
Dans le cas des 29 frais de nuitées d’hôtel analysés, plus de la moitié dépassait les barèmes du gouvernement du Canada utilisés comme référence par les employés municipaux.
Le coût de certaines nuitées les dépassait de 100, voire de 500 $, pour atteindre jusqu’à 1000 $ par nuit.
Les 49 repas audités totalisaient quant à eux 2400 $.
Les frais de la moitié d’entre eux dépassaient l’indemnité de référence des employés municipaux, avec des écarts pouvant excéder de plus de trois fois l’indemnité recommandée.
Du déjà-vu
Cela n’est pas sans rappeler les révélations de notre Bureau d’enquête au sujet de dépenses douteuses à l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) en 2023.
Sous pression, la numéro 2 de l’ex-mairesse Valérie Plante, Dominique Ollivier, avait dû démissionner.
L’ex-présidente de l’OCPM avait notamment partagé un repas à 347 $ dans un bar à huîtres de Paris en 2016 pour célébrer l’anniversaire de son ex-partenaire d’affaires Guy Grenier, aux frais des contribuables.
Des ordinateurs hors de prix
Le rapport de la vérificatrice générale précise que la Ville n’a pas établi de normes internes pour déterminer ce qui est raisonnable pour l’achat d’équipement informatique.
Le rapport note que dans certains cas, il n’a pas été possible d’établir si les dépenses étaient raisonnables. C’était le cas pour huit ordinateurs dont le prix varie entre 2010 $ et 3795 $, un moniteur à 567 $, une imprimante à 747 $ et des écouteurs à 380 $.