En dix ans, l'hôtel Le relais fleuri n'avait jamais aussi bien tourné assure Julien Cohen : les 48 chambres quasiment complètes tous les jours du mois de juillet, se félicite le célèbre antiquaire aux lunettes bleues, actionnaire de l'établissement, mais dont il n'a pas la gestion. Julien Cohen a confié ce rôle à Karen Ohana-Cohen, la femme avec qui il a passé 27 ans de sa vie. Mais quelques mois après, le couple entame une procédure de divorce.

Fermeture en pleine saison estivale

Très vite, la situation se dégrade. Alors que la saison estivale bat son plein, et que les clients affluent dans l'hôtel trois étoiles, la directrice de l'établissement, Emma Squarcioni raconte avoir reçu un mail cinglant : "début juillet, en pleine saison, j'ai reçu un mail de la présidente m'indiquant ma mise à pied". La directrice décide de rester, mais rapidement le fonctionnement de l'établissement se dégrade : "La communication était rompue avec elle [Karren Ohana-Cohen], les fournisseurs n'étaient plus payés, on a donc commencé à manquer de savon, ou de papier toilette pour les clients", regrette Emma Squarcioni.

Impossible d'accueillir les clients dans ces conditions, la directrice, en concertation avec Julien Cohen, décide donc d'annuler les réservations du mois d'août. Et tout s'enchaîne : le 5 août, la directrice reçoit une lettre de licenciement pour faute grave, et une quinzaine de salariés est mise à pied.

"Une femme qui veut se venger est prête à tout !"

Une situation à laquelle assiste Julien Cohen, impuissant : seulement actionnaire, il n'a aucun pouvoir décisionnaire. Pour lui, c'est le divorce avec son ex-femme qui ne passe pas : "Une femme qui veut se venger est prête à tout !", confie l'homme d'affaires, "d'autant plus que j'ai refait ma vie alors c'est peut-être un peu compliqué pour elle", songe l'expert en art. Il indique vouloir "tout faire pour récupérer la gestion de l'hôtel et redonner leur travail aux salariés". Le personnel mis à pied a rendez-vous aux Prud'hommes d'Auxerre le 25 septembre.

Plaintes pour harcèlement à l'encontre de Julien Cohen

Pourtant c'est un tout autre tableau que dépeint le reste de l'équipe, dont la plupart est toujours en poste. Trois salariés ont contacté la rédaction d'ICI Auxerre pour dénoncer le management toxique de l'antiquaire "j'ai peur de lui, dès que je le vois j'en tremble", confie anonymement une employée. Même sentiment pour l'un de ses collègues qui explique être sous anxiolytique "mon médecin m'a imposé un arrêt pour accident du travail tellement j'étais à bout". Ces deux employés ont déposé une plainte à la gendarmerie d'Avallon contre Julien Cohen.

L'avocate de Karen Ohana-Cohen indique que sa cliente "est victime de violences intrafamiliales et une enquête pénale est actuellement en cours" et ajoute "Mme Cohen a plusieurs jours d'ITT [incapacité totale de travail ndlr] pour des faits de violences physiques et psychologiques". De son côté, le procureur d'Auxerre confirme que des plaintes ont été déposées à l'encontre de Monsieur Cohen et de Mme Ohana-Cohen.