Pourquoi la commune de Perros-Guirec compte autant d’hôtels ?

Erven Léon, maire de Perros-Guirec : Ça date de 2005. À l’époque, face au risque de voir les grands hôtels vendus pour faire des appartements, l’ancien maire, Yvon Bonnot, avait mis en place une réserve hôtelière au sein du Plan local d’urbanisme (PLU). Il avait identifié sept hôtels sur Perros-Guirec qui ne pouvaient plus changer de destination. Le meilleur symbole de ce dispositif est l’hôtel Castel Beau Site, à Ploumanac’h. Cette ancienne pension de famille était en passe d’être vendue à un promoteur immobilier. Au final, c’est resté un hôtel. Aujourd’hui, Perros-Guirec est la station balnéaire qui compte le plus d’hôtels en Bretagne. Il y a une attractivité très forte.

Selon vous, le Skope, le nouveau parc des événements de Lannion, va-t-il booster le secteur hôtelier ?

Le tourisme d’affaires et d’événements est essentiel pour le territoire. Le Skope, avec ses salons professionnels, spectacles et congrès, va forcément générer plus de demandes sur les hébergements.

C’est justement via le Skope que vous justifiez la nécessité du projet d’appart hôtels mené par Pierre et Vacances, à la place du Quinquis…

Il y a deux aspects : d’une part, il y a la volonté de Pierre et Vacances d’avoir un deuxième établissement à Perros-Guirec, d’autre part, il y a un besoin de renforcer l’offre d’hébergement de proximité lors de grands congrès. L’établissement est situé à côté du stade Yves- Le Jannou. Il permettra aussi d’accueillir des clubs de sport. La troisième raison est le manque de logements intermédiaires. Ce projet propose des hébergements pour trois à six mois, ça permettra d’accueillir des saisonniers ou des stagiaires.

Certains hôteliers sont opposés à ce nouveau projet, estimant qu’il y a déjà trop de concurrence…

Pierre et Vacances est implanté à Perros-Guirec depuis des décennies. Aujourd’hui, tous les hébergements font une très belle saison. L’attractivité du territoire est là. Une résidence de tourisme ce n’est pas du tout la même chose qu’un hôtel. Quand on voit le monde qu’on a actuellement en septembre, on comprend que cette nouvelle offre est nécessaire. Ça ne fera pas de concurrence. Il ne faut pas oublier que plus il y a d’hébergements, plus il y a de gens qui viennent à Perros-Guirec.

Quant à Airbnb, comment faire pour que cela n’impacte pas les hôteliers ?

Il y a déjà un certain nombre de réglementations notamment au niveau national avec la loi Le Meur. Celle-ci réduit fiscalement l’intérêt de faire du meublé touristique. À Perros-Guirec, nous veillons à ce que les numéros d’enregistrement des propriétaires soient bien déclarés. Aujourd’hui, Airbnb est devenue une offre complémentaire, on a un équilibre. Toutefois, il faut rester extrêmement vigilant sur les professionnels de la location de meublés touristiques. L’autre impact négatif d’Airbnb, c’est la disparition du locatif à l’année. Il faut aussi que la législation évolue pour qu’il y ait plus d’intérêt à louer à l’année.