Depuis 2017, cette mesure a coûté plus de 2 milliards de dollars : 1,2 milliard versé aux provinces et aux municipalités, et 1,1 milliard consacré à la location d’hôtels. À la fin de 2023, le gouvernement fédéral louait encore des chambres dans 46 établissements.
Lundi, il restait 142 demandeurs d’asile logés dans des hôtels en Ontario.
Au Québec, la première prise en charge est assurée par le Programme régional d’accueil et d’intégration des demandeurs d’asile (PRAIDA). L’organisme dispose de deux centres d’hébergement d’une capacité totale de 1200 places, dont 403 sont occupées actuellement.
Lorsque cette capacité ne suffisait pas à répondre à la demande, le fédéral louait des chambres d’hôtel pour combler les besoins. Dans son budget de 2024, Ottawa a prévu 1,1 milliard supplémentaire sur trois ans pour prolonger l’aide, mais en misant sur des solutions plus durables, comme l’ouverture de centres d’accueil et la création de logements temporaires.
Le gouvernement dit vouloir encourager les demandeurs d’asile à s’installer dans des régions où le logement est plus abordable et où les emplois sont plus accessibles.
Pressions à la frontière
La fin du recours aux hôtels ne signifie pas la fin des pressions migratoires. Le nombre de demandes d’asile déposées au Canada est en hausse, selon les plus récentes données fédérales. En juillet, 12 545 demandes ont été enregistrées au pays, dont 5825 au Québec.
Les interceptions entre les points d’entrée officiels sont aussi en augmentation. En juillet, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a arrêté 292 personnes, dont 239 au Québec. C’est de loin le niveau le plus élevé de l’année.
Ces arrivées, qu’elles soient régulières (demandes d’asile) ou irrégulières (interceptions à la frontière), s’inscrivent dans une tendance démographique plus large : la présence élevée de résidents non permanents.
Selon Statistique Canada, le nombre de résidents non permanents a atteint un sommet de 3,15 millions à l’automne 2024, avant de reculer légèrement pour s’établir à 3,02 millions au 1er juillet 2025. Cette diminution s’explique surtout par la baisse du nombre d’étudiants étrangers et de travailleurs temporaires, alors que les demandeurs d’asile, eux, continuent d’augmenter.
Au Québec, on comptait environ 560 000 résidents non permanents à la même date, dont 188 000 demandeurs d’asile, personnes protégées et groupes apparentés.
19 620 Nombre de demandeurs d’asile admis au Québec entre janvier et juin 2025.
SOURCE : IMMIGRATION CANADA