Une nouvelle affaire de vendangeurs mal-logés fait grand bruit en Champagne. C’est à la suite d’un signalement qu’une opération de contrôle a été menée à l’hôtel de la Cloche à Vitry-le-François (Marne) le 27 août dernier. Les gendarmes constatent que des chambres, prévues pour 2, accueillent jusqu’à 6 personnes. Certains saisonniers dorment sur des matelas, à même le sol, dans les couloirs de l’établissement. Au total, ils sont plus d’une soixantaine.
Le maire de Vitry-le-François, Jean-Pierre Bouquet, scandalisé par la situation, a immédiatement décidé de prendre un arrêté de fermeture pour danger grave et imminent. « Quand on arrive dans un hôtel où les gens sont entassés et font la popote avec des réchauds dans un coin, ce n’est pas possible. On n’est plus à l’époque de Zola », attaque-t-il.
Les saisonniers originaires d’Europe de l’Est ont été accueillis provisoirement dans un gymnase de la ville avant d’être relogés à Soissons (Aisne) par leur prestataire.
Les contrôles se multiplient
Quelques jours plus tard, c’est un autre hôtel de la commune marnaise, Au Bon Séjour, hébergeant 96 saisonniers, qui passe dans le viseur des autorités. Avec le même destin : la mairie prend là aussi un arrêté de fermeture à son encontre, ce lundi 1er septembre. Son taux de suroccupation et la défaillance du système de sécurité incendie sont pointés du doigt.
Pour Jean-Pierre Bouquet, la vigilance reste de mise. « Le phénomène a déjà été repéré depuis quelques années à Vitry-le-François. Donc les contrôles se multiplient pour permettre de stopper ces dérives. Le système d’organisation des vendanges a changé et certains font appel à des prestataires et ça dérape. L’appât du gain est parfois trop fort et certains s’assoient sur les règles de sécurité », dénonce l’élu, faisant référence aux « vendanges de la honte », dont le procès a abouti, en juillet dernier, à la condamnation de trois personnes.
Pour l’heure, les deux hôtels concernés sont fermés jusqu’à nouvel ordre. Dans le cas d’Au Bon Séjour, les travaux de mise aux normes pourraient être achevés ce vendredi en vue d’une réouverture, mais rien n’est encore fixé. Leurs propriétaires n’ont pas accepté de répondre à nos questions avant la publication de cet article.
