« NG2, Nouvelles galeries, nouvelle génération, 6 000 mètres carrés bientôt réhabilités en cœur de ville. » Les panneaux posés depuis l’été 2021 sur le bâtiment emblématique de la rue Gambetta, axe commerçant principal de Mont-de-Marsan, ont été arrachés, délavés par le soleil ou tagués. Depuis septembre 2023, tout est figé. Comment en est-on arrivé là ? C’est ce que n’importe quel passant dans le centre-ville montois peut se demander.L’explication partagée ces derniers mois par la majorité municipale et le maire, Charles Dayot, est celle d’un « blocage politique ». Encore le vendredi 16 janvier 2026, lors de sa déclaration de candidature, Charles Dayot le répétait : « Ça n’avance pas à cause de recours répétés de deux hôteliers très proches de Frédéric Dutin », son opposant socialiste de la mandature et dans la course actuelle à la mairie. Sollicité par « Sud Ouest », ce dernier réitère sa position, déjà exprimée en Conseil municipal du 25 juin 2025 : « Les attaques personnelles de M. Dayot sont infondées. Le recours, de ce que j’en sais, est porté par trois hôteliers, qui défendent leurs intérêts professionnels et économiques au niveau judiciaire, ce qui est leur droit. »
Appel dans les prochains mois
Rembobinons. Le programme de 16,3 millions d’euros TTC, présenté et choisi en juillet 2021 en Conseil municipal, est le projet du groupement d’entrepreneurs locaux, Altae et Bernadet Construction. La réhabilitation prévoit un hôtel 3 étoiles Ibis Styles (sur 2 300 mètres carrés), de la restauration, des commerces, des activités tertiaires et un patio de 400 mètres carrés (1). Le permis de construire est délivré le 7 novembre 2022.
En avril 2023, la municipalité annonce le début de vingt-quatre mois de travaux pour la rentrée, après réunion avec les commerçants pour les informer du plan de circulation qui découlera de ce chantier monumental. Mais de réunion, il n’y aura point, et tout se fige. « Il y a peut-être eu un excès d’enthousiasme », concède aujourd’hui un élu pour expliquer le cours des événements.
Dans les faits, le maître d’ouvrage a travaillé au maximum de ce qu’il pouvait faire avec un permis purgé de recours, et ensuite le chantier n’a pas été lancé en raison du risque juridique. Le maire évoque alors en Conseil municipal, au mois de septembre suivant, un « retard » dû au recours d’hôteliers de la ville, réunis dans l’Association hôtellerie-restauration de l’agglomération montoise.
Ce recours non suspensif déposé en décembre 2021 conteste les délibérations du Conseil municipal qui actent le choix du projet par un jury d’élus et de personnes qualifiées, et qui attribuent à l’euro symbolique un îlot urbain évalué à 1,8 million d’euros par les Domaines. Le tribunal administratif de Pau le rejette en décembre 2023.
Modèle mort-né ?
Dans les deux mois qui suivent la décision, le maire mène des discussions avec des requérants.