Réputée pour être un havre de paix, mondialement connue et reconnue pour sa tranquillité, son luxe et son cadre pour faire du business, Dubaï, la «Silicon Valley» ou la «Suisse» du Moyen-Orient, en est particulièrement profondément secouée. C’est une situation inédite que vivent ses habitants et les expatriés et les touristes.
La quiétude, qui y régnait n’ayant jamais été ébranlée depuis la création des Emirats arabes unis (EAU) en 1971. Bien des esprits risquent d’être longtemps marqués par les images de l’hôtel Burj Al Arab, icône de Dubaï ou phénomène de l’industrie hôtelière, défiguré par l’impact des débris des drones.
La poursuite de ces sombres jours de bascule inédits pourrait occasionner de bien fâcheuses déconvenues aux Emirats. D’autant que Dubaï, située à l’extrémité sud-ouest du Golfe, en est la plus grande ville, avec près de 4 millions d’habitants, principalement des Occidentaux. Cette cité-émirat pèse, à elle seule, près du quart (25%) du PIB national, avec une croissance de près de 4,5% au premier semestre 2025 (environ 55 milliards d’euros), fait ressortir une analyse fraîchement publiée par un pure-player -entreprise d’internet- européen dédié à l’entrepreneuriat, l’actualité des startups ainsi qu’à l’économie de cet écosystème.
Au carrefour de trois continents (Europe, Afrique et Asie), cette ville-émirat a d’autres atouts qui la distinguent de ses voisines moyen-orientales : au moins 2,5 milliards de personnes dans le monde, toujours d’après le même média, se trouvent à moins de 4 heures de vol de Dubaï, et 5 milliards à moins de 8 heures de vol.
D’où la propulsion de DXB, son aéroport international, au rang des aéroports les plus fréquentés au monde. En 2025, il a accueilli 95,2 millions de passagers. Seuil qui devait être franchi pour aller à pas sûrs vers la barre symbolique des 100 millions de passagers cette année (2026), selon la même étude. Les frappes iraniennes ciblant les Emirats arabes unis, principalement Dubaï et Abu Dhabi, ont, malheureusement, chamboulé tous les calculs et déstabilisé cette trajectoire ambitieuse. Outre le secteur touristique, touché de plein fouet par les ripostes iraniennes aux attaques israélo-américaines, c’est aussi et surtout le monde des affaires qui s’en trouve non moins sérieusement secoué.
Dubaï, nouvelle destination de choix pour les Occidentaux en quête de soleil en plein hiver, constitue également le cœur battant de l’économie dans la région. Son Dubaï International Financial Centre (DIFC), vieux de plus de 20 ans, où sont assemblées plusieurs milliers d’entreprises intervenant dans les domaines de la banque, de l’assurance, de la gestion d’actifs, de la fin-tech ou encore les marchés de capitaux, est en état d’alerte. C’est une folie périlleuse qui vient de s’emparer de ce célèbre quartier d’affaires, d’autant qu’il est devenu une passerelle majeure entre les flux de capitaux européens et asiatiques, toujours d’après le document du pure-player européen. Un non moins violent vent de panique s’est, par ailleurs, abattu, sur la Dubaï Internet City, pôle technologique hébergeant de nombreuses startups, fonds d’investissements et géants technologiques mondiaux. Il en est de même pour tant d’autres puissants hubs d’innovation et de business. A la guerre en Iran, le très mondialement attendu méga salon émirati Expo City pourra-t-il survivre ? Le doute est permis.
Prévu du 7 au 11 décembre 2026, apprend la même source, cette «nouvelle porte d’entrée sur le monde» entend introduire le concept de «TechCation» pour mixer business, innovation et tourisme. «Une approche assez logique dans la mesure où Dubaï veut devenir la première destination mondiale pour faire des affaires et vivre ses expériences touristiques», y est-il précisé. «Mais ceux qui l’ignoraient ne peuvent plus fermer les yeux : les Emirats arabes unis se trouvent à proximité de voisins encombrants comme l’Iran dont ils peuvent subir les effets collatéraux.
Et la capacité du pays à se prémunir des attaques iraniennes conditionnera la résilience du sentiment de sécurité qui caractérisait jusque-là Dubaï et les Emirats arabes unis», estiment les auteurs de l’étude.
