Ce transfert, conclu discrètement durant l’été 2025, marque la fin d’un long contentieux autour de l’homme d’affaires Ali Haddad, décrit par le média espagnol comme figure centrale du capitalisme d’État sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika. Condamné en Algérie pour corruption et détournement de fonds publics, l’homme d’affaires Ali Haddad avait acquis l’hôtel en 2011 auprès de l’ancien président du FC Barcelone, Joan Gaspart, pour un montant estimé entre 54 et 80 millions d’euros.
Un actif emblématique au cœur du dispositif anti-« iassaba » (la bande)
L’affaire El Palace illustre le nouvel activisme économique et judiciaire du gouvernement algérien, engagé depuis 2019 dans une campagne de récupération des avoirs transférés illégalement à l’étranger par les proches de l’ancien régime. Abdelmadjid Tebboune a fait, selon la vulgate officielle, de la lutte contre « l’issaba » — le réseau d’oligarques liés à Bouteflika — un axe majeur de sa gouvernance.
Au cours d’une récente allocution devant les hauts gradés de l’armée, Abdelmadjid Tebboune a annoncé la récupération d’actifs d’une valeur estimée à 30 milliards de dollars, laissant entendre, sans la nommer, la restitution d’un hôtel de luxe à l’étranger — une allusion que La Vanguardia interprète comme visant précisément El Palace de Barcelone. Quant aux autres actifs récupérés, malin celui qui serait à même de les sérier.
Une restitution par « dation en paiement », non par jugement
Particularité notable : le transfert de propriété ne résulte pas d’une décision judiciaire, mais d’une dation en paiement (Dación en Pago), un mécanisme juridique espagnol qui suppose un accord amiable entre les parties. Ce dispositif permet à un débiteur de céder un bien à son créancier pour éteindre sa dette — une voie plus discrète que la saisie judiciaire.
