Les autorités colombiennes ont saisi onze biens appartenant au prince Henri de Croÿ, dont cinq hôtels de luxe et plusieurs véhicules haut de gamme. Cette saisie fait suite à une vaste enquête sur l’origine illicite de son capital.

Une opération ciblée a été menée jeudi par la justice colombienne, en collaboration avec la SAE, l’agence gouvernementale chargée de la gestion des biens saisis, concernant onze biens de luxe situés dans la très prisée station balnéaire de Carthagène et sur la péninsule de Barú. Ce total comprend plusieurs boutique-hôtels réputés, des 4x4 haut de gamme, des motos et un salon d’événement implanté dans le centre historique de Cartagène.

Henri de Croÿ est issu d’une famille noble réputée, mais s’est forgé une réputation controversée au fil des ans. Il est d’ailleurs souvent surnommé le “prince noir” en raison de son implication présumée dans des activités louches.

“Dubaï Papers”

Henri de Croÿ a notamment été mis en cause en 2018 dans le cadre des “Dubaï Papers”, un scandale financier révélé par la publication de milliers de documents internes révélant des cas de fraude fiscale à grande échelle et des pratiques de blanchiment d’argent pour le compte de clients européens fortunés.

Selon plusieurs articles de presse, M. de Croÿ aurait mis sur pied à Carthagène et à Barú un portefeuille immobilier constitué d’hôtels, d’édifices historiques et de propriétés de luxe acquises par le biais de sociétés enregistrées aux îles Vierges britanniques, au Panama et aux Emirats arabes unis. Plusieurs de ces propriétés seraient liées à des structures attachées au groupe Helin, une société qui est la cible d’enquêtes en Belgique, en France et en Suisse pour optimisation fiscale.

Disposant également des nationalités française et colombienne, Henri de Croÿ avait déménagé en Suisse à la fin des années 1990. En 2012, le “prince noir” avait déjà été condamné en Belgique à trois ans de prison pour fraude, mais il a été acquitté en appel en 2015 après une longue bataille judiciaire.

Les autorités colombiennes s’intéressent désormais à son empire immobilier sud-américain. Elles soupçonnent le prince d’avoir acheté ses biens immobiliers et ses véhicules avec de l’argent provenant des milieux criminels. “La justice enquête sur ses liens présumés avec de grands réseaux transnationaux de blanchiment d’argent”, rapporte ainsi le quotidien colombien El Tiempo.

Ces hôtels ne devraient pas fermer pour l’instant, mais l’État colombien en assurera temporairement la gestion. Au cours des prochains mois, un juge devra déterminer si ces biens seront définitivement confisqués par les autorités colombiennes.