Joint par téléphone par notre rédaction il y a quelques instants, Jacques Moretti, le propriétaire du bar Le Constellation à Crans-Montana, s'est refusé à toute interview longue, se disant «pas bien» suite au drame.

Avant de mettre fin à la conversation, il a toutefois assuré que l'établissement avait été contrôlé «trois fois en dix ans» et que «tout s'est fait dans les normes».

Une cadence qui semble pourtant insuffisante au regard de la loi. L’article 8 de l’ordonnance cantonale sur la prévention des incendies stipule en effet que les inspections doivent avoir lieu «tous les ans dans les bâtiments recevant du public ou présentant des risques spéciaux».

Une obligation rappelée par le conseiller d’État Stéphane Ganzer lors d’une conférence de presse: «La commune est responsable d’inspecter le bâtiment et ce contrôle doit avoir lieu tous les ans». Si des défauts sont constatés, un rapport doit alors être remis aux autorités. À sa connaissance, aucun rapport faisant état de défectuosité n’a été établi récemment pour le bar en question.

Questionnées au sujet des contrôles effectués dans l’établissement, les autorités communales n’ont de leur côté pas répondu à nos sollicitations. Les bureaux de l’administration sont par ailleurs fermés pour les Fêtes. Le président de la commune nous a quant à lui renvoyés vers la police.

Couple entendu par le parquet

Le couple a été entendu en tant que «personnes appelées à donner des renseignements». Ce statut hybride ne signifie pas qu’ils sont formellement accusés, mais leur octroie les droits de la défense (comme la présence d’un avocat) par mesure de précaution à ce stade de l’enquête.

Les médias français n’ont recueilli pour l’heure que des bribes d’information sur le couple de propriétaires du Constellation. D’après les informations de BFM, Jacques Moretti ne se trouvait pas dans le bar lors de l’incendie de la nuit du drame, mais dans l’un des deux autres établissements du couple. Sa femme Jessica Moretti, présente sur les lieux lors de l’incendie, a été brûlée au bras, selon une source proche du dossier au «Figaro».