Le contrat de gestion de Fairmont Hotels et les craintes de poursuites advenant son annulation se retrouvent au cœur du litige visant à empêcher la vente du Château Montebello à la torontoise Westmont Properties.
Un groupe d’investisseurs du Québec, composé des familles Lavy et Varin, déjà actif dans le secteur immobilier, conteste la demande d’approbation de vente du complexe au groupe hôtelier, telle que recommandée par PricewaterhouseCoopers (PwC).
Au cours des deux derniers jours, les avocats des parties impliquées ont plaidé cette cause au palais de justice de Montréal, devant le juge Martin Castonguay, de la Cour supérieure.
Vente de faillite
Administré par Fairmont, l’hôtel de 211 chambres demeure sous la responsabilité de la Cour supérieure. Devant l’incapacité de Millennium Golden de surmonter la crise de liquidité de sa maison mère (la chinoise Evergrande), PwC a entrepris la liquidation de l’ensemble de ses actifs.
Au terme du processus, des dizaines de groupes se sont manifestés. Du nombre, la proposition d’achat de Westmont Hospitality fut finalement retenue par le séquestre, qui doit maintenant obtenir l’aval du tribunal.
C’était toutefois sans compter la contestation des familles Lavy et Varin. Ils s’opposent à cette approbation, sous prétexte notamment que le processus ayant mené au choix de l’acheteur n’ait pas été « transparent, équitable et à l’abri d’interférence indue ».
En outre, le groupe montréalais fait valoir que la prise en compte par le séquestre du risque de poursuites d’Accor Management, propriétaire de Fairmont Hotels, avait indûment faussé le processus et nuit à ses chances de voir son offre, pourtant financièrement supérieure, être retenue.
Au détriment des créanciers ?
Comparativement à la proposition de Westmont, l’offre de Lavy Varin se distinguait par son intention affichée dès le départ de mettre fin au contrat de gestion renouvelable d’une durée maximale de 30 ans, liant Fairmont au Château Montebello.
Sur le strict plan financier, elle était toutefois « considérablement plus élevée ». Suffisamment, a laissé glisser son avocat, pour permettre un remboursement aux créanciers supérieur « de 20 % ».
« On brime les créanciers ordinaires en leur imposant une offre inférieure parce qu’il faut respecter Fairmont », a plaidé leur avocat Sylvain Rigaud, ajoutant que les droits « purement personnels » de Fairmont ne pouvaient s’imposer au détriment des créanciers.
Les opposants ne nient pas que Fairmont puisse vouloir contester la fin de sa relation avec l’hôtel. Mais ajoutent que le débat sur un tel recours éventuel ne devrait jamais devancer la désignation de la meilleure offre par le séquestre.
Les représentants des autres parties se sont tous rangés derrière la suggestion d’achat du Château par Westmont.
Le juge Castonguay a pris la cause en délibéré. Son jugement est attendu d’ici le 10 septembre prochain.