Dans le hall de l’hôtel Artemisia, à deux pas de Pigalle, des dizaines de touristes américains attendent leur bus pour rejoindre l’aéroport. Valérie Allichon-Genest, directrice de l’établissement, les remercie pour leur séjour de cinq nuits, avant d’entamer la visite des lieux. Difficile d’imaginer qu’ici se trouvait, il y a quelques années, le Royal Fromentin, un hôtel trois étoiles vieillissant. Après plus de deux ans de travaux, l’établissement a rouvert fin 2023, fort d’une quatrième étoile. Tout a été revu : parquet clair, mobilier chiné, tête de lit Art Déco, spa, douche sensorielle, jusqu’à l’ancien ascenseur, conservé comme décor pour les photos des clients.
«L’hôtel avait énormément de potentiel», raconte la directrice en ajustant un rideau dans une chambre. «Nous avons travaillé sur les standards, le service, les équipements, les économies d’énergie. Aujourd’hui, nous proposons des chambres autour de 200 euros selon les périodes, jusqu’à 550 euros pour les suites», souligne-t-elle. Deux nouvelles, avec hammam et jacuzzi, doivent encore voir le jour d’ici au printemps 2027. Et ce, afin de faire de l’établissement, autrefois recouvert de moquette verte et de murs orange, «une bulle de bien-être» chic à Montmartre.
Cette transformation est loin d’être un cas isolé. Partout dans la capitale, les hôtels rénovent leurs chambres, enrichissent leurs services et montent en gamme au passage. Une évolution portée par les attentes des voyageurs, mais qui risque de laisser certains d’entre eux, moins fortunés, de côté.