Il n'y aura bientôt plus de bourbon à Toronto. C'est la nouvelle réalité à laquelle les amateurs de whisky devront faire face prochainement. Cinq mois après le retrait de l'alcool américain des tablettes de la Régie des alcools de l'Ontario (LCBO), conséquence de la guerre tarifaire avec l'administration Trump, les réserves de bourbon commencent à s'épuiser dans plusieurs bars de la Ville Reine. C'est le cas, par exemple, au Danu Social House, un bar situé dans le quartier de Parkdale, à l'ouest de la ville, où le stock d'alcool américain est assez limité, selon le gérant du bar, Scott Swain.
Le bourbon, devenu un produit haut de gamme
Si, aujourd'hui, les clients peuvent encore y commander du bourbon, le prix de celui-ci a augmenté. Comme le stock est limité, je le vends plus cher, explique M. Swain. C'est, dit-il, devenu un produit haut de gamme. Même son de cloche pour Chand Shaik, responsable de la nourriture et des boissons au Novotel de Toronto Centre. S'il reste encore assez d'alcool américain sur les étagères du bar/restaurant de l'hôtel, de quoi tenir encore deux-trois mois, il faut désormais en payer le prix premium, dit-il.
Un cocktail à base de bourbon tel que le Old fashioned coûte de 18 à 20 dollars maintenant contre 14 à 16 dollars auparavant. Mais le Novotel et le Danu Social House se sont préparés à cette nouvelle réalité en changeant leurs menus et en promouvant le whisky canadien.
Les whiskys canadiens mis en avant
On retrouve des saveurs très proches du bourbon dans le whisky canadien, explique M. Swain, qui propose des dégustations de whiskys locaux pour faire découvrir aux clients des options au spiritueux américain.
Chand Shaik, lui, a notamment trouvé une version provenant de Terre-Neuve, qui se vend très bien.
Nous avons élaboré un plan en cherchant davantage d'options canadiennes.
Une citation de Chand Shaik, responsable de la nourriture et des boissons au Novotel de Toronto Centre
Vous ne sentiriez pas la différence entre le bourbon du Kentucky et le Signal Hill, affirme M. Shaik. Ils sont presque similaires et si vous préparez un Old fashioned avec ce dernier, probablement 90 % des gens diraient qu'il est semblable à un Old fashioned préparé avec du vrai bourbon.
Les gens profitent de cette occasion pour goûter au whisky canadien, affirme l'expert en whisky Davin de Kergommeaux. Cela fait vraiment chaud au cœur de voir les gens dire : "j'achète du whisky canadien", l'essayer et se dire : "Bon sang, pourquoi n'ai-je pas essayé ça plus tôt?" Une citation de Davin de Kergommeaux, expert en whisky.
Les clients plutôt compréhensifs
Il est moins facile de trouver des options de rechange pour le bourbon que pour le vin, note néanmoins Christian Perrault Hamel, directeur de l'événementiel au restaurant Harbor 60 Toronto. Dans les spiritueux, la clientèle est très attachée à une marque. Ils vont aimer leur marque de bourbon – et la changer n'est pas toujours chose facile, dit-il. Pour lui, cela demande un effort de recherche et d'éducation, car l'étiquetage ne donne pas toujours assez d'informations pour permettre au client de trouver un produit équivalent.
Mais les clients comprennent la situation et se montrent plutôt accommodants, selon lui.
Les gens ont une d'ouverture d'esprit et sont compréhensifs de la situation. Donc, c'est à nous d'avoir une option de prête pour eux quand ils viennent. Une citation de Christian Perreault Hamel, directeur de l'événementiel à Harbor 60 Toronto.
