Dans la plupart des piscines municipales françaises, les règlements intérieurs sont clairs: seuls certains maillots de bain sont autorisés, pour des raisons d'hygiène et de sécurité. Les piscines imposent généralement des tenues près du corps, conçues pour la baignade, non portées à l'extérieur, et interdisent les vêtements amples ou couvrants, comme le burkini. Contraction du bikini et de la burqa, le burkini est un maillot de bain particulièrement couvrant, porté par certaines femmes musulmanes souhaitant dissimuler leur corps. À Grenoble, la mairie avait choisi de faire exception.

Un nouveau règlement pour une revendication communautariste

Tout commence en 2019, par une baignade en burkini organisée dans une piscine de Grenoble par l'Alliance Citoyenne. L'action médiatique vise à faire modifier le règlement intérieur des piscines municipales. Depuis plusieurs années, l'association semble faire de la cause des femmes musulmanes son cheval de bataille, au point d'être surnommée par Clément Chappet, chef de file de la droite grenobloise, « le syndicat de défense des jeunes musulmanes ».

Les militantes de l'Alliance Citoyenne finissent par obtenir gain de cause auprès de la majorité écologiste. Le 16 mai 2022, sous le mandat d'Éric Piolle, le conseil municipal modifie l'article 10 du règlement intérieur des piscines grenobloises. La nouvelle rédaction autorise notamment les maillots de bain couvrants, y compris ceux assortis d'une jupette.