Que faire quand les hôtels et centres pouvant accueillir des groupes, scolaires comme particuliers, ferment dans les Alpes-de-Haute-Provence ?

C’est un phénomène qui s’est développé ces dix dernières années. Résultat : moins d’enfants découvrent les pistes alors que certains établissements accueillent un autre type de public afin de faire vivre l’emploi et l’économie locale.

À Chabanon, la station de ski de Selonnet, l’hôtel Le Blanchon a été vendu à l’issue de la saison d’hiver 2024-2025 et deviendra un hébergement résidentiel. Alors que l’établissement était agréé jeunesse et sport, les classes scolaires ne pourront plus venir dans la station.

À l’inverse, à Seyne, le centre de vacances Les Cytises accueille des enfants mais aussi des groupes ou encore des associations, participant ainsi à l’attractivité de la commune.

Des fermetures qui pénalisent les communes

"Cela veut dire qu’on ne peut plus accueillir officiellement les groupes, ni les scolaires, sauf ceux de la journée", regrette Sabine Auzet-Pey, agent immobilier à Chabanon.

Celle qui fût salariée de la ligue de l’enseignement des Alpes-de-Haute-Provence et coordinatrice de séjour, explique la difficulté qu’est la fermeture de l’hôtel Le Blanchon, "aujourd’hui, il y a des classes de neige qui venaient depuis de nombreuses années, qui ne viennent plus parce qu’il n’y a plus de possibilité de les accueillir sur la station".

Benoit Cazères, maire de Selonnet, espère que "les acquéreurs de ces appartements en feront des lits chauds, à la location, pour amortir la perte". Selon l’édile, la perte, pour la station, de cet établissement s’explique par le mode, plus générale, de vente des hôtels.

"Je pense que l’hôtellerie traditionnelle en station, par rapport aux appart-hôtels, n’a pas la même dynamique qu’à une époque."

À Seyne, où un centre est ouvert et géré par le syndicat intercommunal à vocation unique (Sivu) Collines Durance, Laurent Pascal, maire de la commune, trouve "dommage" de voir des centres fermés "ces dix dernières années".

Accueillir autrement

Si la fermeture de l’hôtel Le Blanchon vient "pénaliser" la station, selon les mots du maire, et en particulier l’accueil des groupes, deux autres hôtels existent à Selonnet : Chez Le Poète et le Relais de la Forge.

Le centre de vacances intercommunal Les Cytises, de Seyne, lui toujours ouvert, "crée de l’emploi", selon Laurent Pascal, "en particulier par rapport à la logistique, le ménage, ou encore le repas".

Selon lui, "pour que les centres se développent, il faut accueillir des familles, des groupes, et proposer des stages d’oxygénation, par exemple, ou de cohésion pour des entreprises".

Si le fonds de commerce reste les classes, "il y a un besoin de s’ouvrir à d’autres publics".

Outre la fermeture de ces centres ou la recherche d’une nouvelle clientèle, "la réglementation au niveau de l’éducation nationale s’est durcie, c’est donc devenu compliqué pour les enseignants de prendre la décision de venir. Les démarches administratives sont déjà relativement lourdes financièrement", explique Sabine Auzet-Pey.

Malgré la présence moins nombreuse des écoliers, en particulier hors des vacances scolaires, à Chabanon, les souvenirs restent pour celle qui travaille aujourd’hui à son compte, à la gérance d’un service de conciergerie à la station.

"Avec les classes uniques comme à Ongles ou Vachères, par exemple, les gamins venaient à Chabanon à 3 ans. Chaque année, ils venaient jusqu’à l’âge de onze ans et après ce sont des gens qu’on retrouve une fois qu’ils sont devenus adultes et qu’ils reviennent à la station", se souvient-elle.

"C’est dommage mais après la station vit, elle se développe aussi autrement", résume-t-elle en dressant le portrait de ces stations et hébergements qui s’adaptent tant bien que mal.