Employée à l’hôtel Cleveland Sands, dans l’est de Brisbane (Australie), Emma Donato a été licenciée pour avoir disposé des canards en plastique autour d’un pentagramme, dessinée à la main sur le bureau de sa responsable. Mais cette dernière a gagné son procès aux prud’hommes pour licenciement abusif, le juge estimant que l’acte, bien que maladroit, avait pour unique but d’amuser ses collègues durant une période stressante au travail.
Comme l’explique le DailyMail, l’incident, survenu le 3 juillet 2025, a provoqué une vive réaction de la responsable concernée. Cette dernière a déposé une plainte, affirmant que le symbole évoquait le diable. "J’ai vécu des expériences traumatisantes par le passé qui me terrifient face à ces actes rituels, mais je suis sûre que cela perturberait n’importe qui", a-t-elle argué. Cependant, l’employée a soutenu que la scène représentait simplement "des canards participant à un rituel d’invocation pour appeler d’autres canards".
Ayant eu vent de rumeurs, quelques jours plus tard, à propos d’un signalement effectué auprès des ressources humaines, Emma Donato a indiqué ne pas avoir voulu évoquer le sujet avec sa supérieure, qui n’aurait selon elle montré "aucun signe de malaise".
C’est alors qu’entre en scène l’épouse de la salariée, Serena, qui travaille dans le même groupe mais sur un site différent. Dans une boucle Instagram comprenant des membres actuels et anciens du personnel de Cleveland Sands, cette dernière s’est alors adonnée à un commentaire taquin à propos de cette histoire de palmipèdes : "Bon, je dois demander : qui sait ce qui va se passer après l’arrivée des canards ? MDRRRRR", a-t-elle notamment écrit.
Un message qui est revenu aux oreilles de la cheffe de sa femme, qui a dans la foulée prévenu les RH en indiquant qu’on se moquait d’elle après cette blague. Moins d’une semaine après ce "canard gate", Emma a reçu une lettre de licenciement, tout comme sa femme Serena.
Un tatouage en forme de pentagramme pour la cheffe traumatisée
Un mois plus tard, nouveau rebondissement dans l’affaire : le couple Donato constate avec sidération que la responsable en question avait publiquement partagé sur les réseaux sociaux une photo de son nouveau tatouage, en forme de… pentagramme. "Je fais simplement remarquer que cela semble quelque peu incohérent avec le niveau d’impact émotionnel évoqué par la responsable à propos de l’incident", a cinglé le juge.
Selon l’homme de loi, le comportement d’Emma Donato ne peut être en aucun cas assimilé à du harcèlement, au sens strict de la législation. Il a en outre affirmé que les messages sur le groupe Instagram n’étaient ni du harcèlement, ni des moqueries.
Au total, l’employeur, la société Australian Venue Company a été condamné à verser un peu plus de 15 000 dollars australiens au couple (environ 9 000 euros). Se refusant à tout commentaire sur ce dossier, la compagnie a néanmoins réaffirmé sa volonté d’appliquer "une politique de tolérance zéro en matière d’intimidation et de harcèlement et nous nous engageons à créer un environnement de travail sûr, respectueux et solidaire".
