Plus de cent Vénézuéliens sont portés disparus, alors qu'ils avaient été expulsés vers le Venezuela depuis les États-Unis par la police de l'immigration mercredi 24 juin, quelques heures avant le tremblement de terre qui a fait près de 2.000 morts, rapporte CNN ce mercredi 1er juillet.
Le mercredi 24 juin, à 10h22 (heure locale), un avion américain atterrit à l'aéroport Simón Bolívar, à quelques kilomètres au nord de Caracas, y déposant 146 passagers, dont 19 femmes et sept enfants.
Ils arrivent alors après avoir été déportés par la police fédérale de l'immigration des États-Unis, l'ICE. Quelques heures plus tard, dans la soirée, l'hôtel dans lequel ils ont été emmenés par le gouvernement s'effondre au cours des deux séismes qui ont touché le pays. Plus de cent d'entre eux sont toujours portés disparus.
"J'ai vu le mur se séparer en deux"
Ninoska Gutierrez, 45 ans, a survécu à l'effondrement de l'immeuble. Elle raconte à CNN être sortie de sa chambre "pieds nus, avec seulement (son) t-shirt – vous savez, il n'y avait pas le temps".
"Quand j'ai ouvert la porte de ma chambre, j'ai vu beaucoup de gens courir", se souvient-elle.
"J'ai couru – en m'écartant pour laisser passer les autres pour ne pas me faire écraser – quand j'ai vu le mur à côté de moi se séparer en deux; pendant qu'il se brisait, j'ai eu l'impression de flotter dans les airs", dit-elle.
Elle ajoute être parvenue à se tirer des décombres tombés sur ses jambes et avoir réussi à ramper à travers une ouverture dans le plafond.
"J'ai crié"
Lisbeth Portillo, 58 ans, a elle aussi réussi à sortir du bâtiment. Au moment du premier séisme, elle était dans une chambre avec seize autres femmes, comme elle l'explique à l'agence de presse AP.
Au moment du deuxième séisme, elle se souvient: "Je suis tombée et j'ai fini par être coincée sous une poutre, mais les secousses ont tout fait bouger là où j'étais, et j'ai réussi à m'en sortir."
Après être sortie de l'hôtel avec environ 20 autres Vénézuéliens expulsés, elle dit avoir marché dans les rues et a appelé à l'aide. Autour d'eux, des habitants sortaient des décombres et couraient, nus ou pieds nus, se souvient-elle. "On a marché pendant environ cinq kilomètres, et j'ai crié et crié…", se souvient-elle.
Elle et ses compagnons d'infortune ont fini par trouver un bâtiment de la garde nationale, où ils ont pu appeler leurs proches, dit-elle.
"Nous voulons pouvoir les enterrer"
Contrairement à Ninoska Gutierrez ou Lisbeth Portillo, de nombreux passagers du vol n'ont pas donné de signe de vie depuis le double séisme du 24 juin. José Gregorio Rincón Ávila, le grand-père de l'un d'entre eux, a lancé un appel dans un entretien à CNN: "S'il vous plaît, pour ceux d'entre vous qui sont sur place, aidez-nous, aidez-nous."
"Nous attendons depuis plusieurs jours. Nous savons déjà que ces corps sont ici depuis plusieurs jours, depuis mercredi, mais au moins, laissez-nous ramener nos proches chez nous. Nous voulons les membres de nos familles – peu importe leur état –, nous voulons pouvoir les enterrer", plaide-t-il.
Le double séisme qui a touché le Venezuela le 24 juin a fait plus de 2.000 morts, 10.500 blessés et 50.000 disparus, selon les derniers bilans du gouvernement et de l'ONU.
L'ICE rejette toute responsabilité
L'ICE a rejeté toute responsabilité auprès de CNN. "Le vol est arrivé en toute sécurité au Venezuela et tous les migrants clandestins à bord étaient retournés chez eux. Quand un individu n'est plus placé en détention par l'ICE, l'ICE n'est plus responsable d'eux", assure la police fédérale.
Dans la journée du 24 juin, le gouvernement par intérim vénézuélien avait publié une vidéo des Vénézuéliens expulsés arrivant à l'aéroport.