Le vaste projet hôtelier des Nielles est sur la table depuis plus de dix ans. Porté par le groupe Raulic qui détient notamment les Thermes marins, ce projet ambitionne de créer un complexe comprenant deux hôtels, une thalasso, des restaurants et une résidence au-dessus de la plage du Minihic à Saint-Malo.

Recours d’urbanisme purgés

Après un très combat judiciaire qui s’est soldé positivement pour le promoteur puisque le Conseil d’État a rejeté tous les recours liés à l’urbanisme dans une décision rendue le 25 juillet 2025, les opposants fondent leurs derniers espoirs dans de tout petits oiseaux.

Espèce protégée

Cette année, et la pour la première fois d’après les observations, des hirondelles de rivage nichent dans la falaise sous le futur hôtel. « C’est une espèce protégée il est donc interdit de la tuer mais aussi de détruire son habitat ou son nid », expliquent Laurence Le Guillerm et Véronique Babut de l’association Bretagne Vivante, sollicitée par les associations opposantes pour son expertise ornithologique.

« À 30cm du projet »

Les hirondelles de rivage, qui pèsent environ 15 grammes, migrent sur notre territoire de mars à septembre. Elles nichent dans des falaises friables dans lesquelles elles creusent des galeries. « Nous avons compté douze nids aux Nielles dont cinq été encore occupés en août», poursuit l’association Bretagne Vivante. « Les nids se trouvent 30 cm sous le futur hôtel ».

Selon Bretagne Vivante, la présence des hirondelles ne remet pas en question le projet mais oblige le promoteur à soumettre une demande de dérogation à la Direction départementale des territoires et de la mer qui établira un cahier des charges à respecter, comme la mise en place de mesures compensatoires. « Il est possible que les travaux soient interdits en présence des oiseaux, soit de mars à septembre », selon Laurence Le Guillerm et Véronique Babut.

Mesures d’accompagnement prévues

Sollicité par le Pays Malouin en juillet, Olivier Raulic, directeur général du groupe, avait indiqué « qu’il s’agit d’un sujet récent et identifié ».

Selon lui, « les oiseaux nichent en dehors du périmètre du projet et des travaux, à proximité immédiate de la plage » mais « il est prévu des mesures d’accompagnement visant à favoriser la nidification de l’espèce à travers la mise en place de sites de nidification (nichoirs) ». Olivier Raulic avait également indiqué que les travaux débuteront « au cours de l’année 2026 ».

L’association Bretagne Vivante « dénonce les atteintes à des espèces protégées et demande de manière générale la protection des falaises et des dunes du territoire de Saint-Malo ».