«Ils [Transat] ont une responsabilité [...] Ils envoient du monde en toute connaissance de cause et c’est là que j’ai un problème», s’insurge Valérie Hachez de Québec, qui est tombée gravement malade lors de son récent séjour à l’hôtel Viva V Samana, de la chaîne hôtelière Wyndham.

À peine 48h après son arrivée à l’hôtel, le 2 janvier dernier, elle a été prise de douleurs musculaires, de maux de ventre et de vomissements. Ses symptômes ont été si «violents» que la médecin de l’hôtel lui a installé un soluté pour freiner sa déshydratation.

Originaire de Québec, Valérie Hachez a été gravement malade, moins de deux jours après son arrivée à l'hôtel Viva V Samana de Wyndham. Constatant son état, la médecin de l'hôtel a décidé de lui installer un soluté pour freiner la déshydratation.
Originaire de Québec, Valérie Hachez a été gravement malade, moins de deux jours après son arrivée à l'hôtel Viva V Samana de Wyndham. Constatant son état, la médecin de l'hôtel a décidé de lui installer un soluté pour freiner la déshydratation. Photo fournie par Valérie Hachez

Puis, deux jours plus tard, son conjoint a subi le même sort.

Très malades

Plusieurs autres voyageurs ont en effet confié au Journal avoir été très malades lors d’un récent voyage à cet hôtel, réservé aux adultes. Une situation qui n’est pas sans rappeler celle survenue à l’hôtel Sandos Playacar, au Mexique l’an dernier.

Ils sont au moins une dizaine à avoir porté plainte auprès de Transat ou de Sunwing, à l’endroit du Viva V Samana de Wyndham. Certains réclament un dédommagement.

«Honnêtement, ç’a été un cauchemar», affirme Marc-André Houle, un résident de la Rive-Sud de Montréal, revenu au Québec le 5 janvier dernier.

Originaire de la Rive-Sud de Montréal, Marc-André Houle est revenu de voyage le 5 janvier dernier. Il a séjourné à l'hôtel Viva V Samana de Wyndham, en République dominicaine et y est tombé malade, tout comme sa conjointe. Il affirme qu'il n'y retournera plus et souhaite que cet hôtel soit retiré des offres voyages.
Originaire de la Rive-Sud de Montréal, Marc-André Houle est revenu de voyage le 5 janvier dernier. Il a séjourné à l'hôtel Viva V Samana de Wyndham, en République dominicaine et y est tombé malade, tout comme sa conjointe. Il affirme qu'il n'y retournera plus et souhaite que cet hôtel soit retiré des offres voyages. Photo fournie par Marc-André Houle

Sa conjointe et lui ont été cloués au lit pendant plus de 36h, quelques jours après leur arrivée.

Photo fournie par Valérie Hachez

Le scénario est le même pour un couple de Terrebonne.

«Je n’ai jamais vu autant de monde partir tout seul de la salle à manger pour s’en aller dans leur chambre pour aider leur partenaire mal en point. À la fin, on demandait des bananes pour essayer de manger quelque chose, mais il n’y en avait même plus», affirme Nathalie Turpin, aussi tombée malade environ 24h après son arrivée, il y a deux semaines.

Étant diabétique, elle a un moment craint pour sa santé, dit-elle.

Nathalie Turpin, de Terrebonne, a été très malade lors de son séjour à l'hôtel Viva V Samana de Wyndham. Elle affirme que le personnel de l'hôtel sur place niait la présence d'une problématique généralisée ou d'un virus.
Nathalie Turpin, de Terrebonne, a été très malade lors de son séjour à l'hôtel Viva V Samana de Wyndham. Elle affirme que le personnel de l'hôtel sur place niait la présence d'une problématique généralisée ou d'un virus. Photo fournie par Nathalie Turpin

Le couple d’amis qui les accompagnait a également été très malade. Les quinquagénaires ont aussi été confinés à leur chambre pendant près de quatre jours, relate Martine Gariépy. La touriste, infirmière de carrière, a tenté en vain de changer de destination avant le départ, après avoir pris connaissance des nombreux commentaires à ce sujet sur les réseaux sociaux, qui se multiplient depuis le mois de novembre dernier.

Infirmière de carrière, Martine Gariépy était au courant de la situation avant son arrivée à l'hôtel Viva V Samana de Wyndham. Elle s'était munie de lingettes désinfectantes et portait une attention particulière à la salubrité, mais elle a tout de même été gravement malade, tout comme son conjoint.
Infirmière de carrière, Martine Gariépy était au courant de la situation avant son arrivée à l'hôtel Viva V Samana de Wyndham. Elle s'était munie de lingettes désinfectantes et portait une attention particulière à la salubrité, mais elle a tout de même été gravement malade, tout comme son conjoint. photo fournie par Martine Gariépy

«Qui a été malade?»

D’autres voyageurs ont même raconté que sur le chemin du retour vers l’aéroport, l’agente d’Air Transat qui les accompagnait leur demandait lesquels avaient été malades lors de leur séjour.

«Nous étions une soixantaine de l’autobus et tout le monde a levé la main. Il y a eu toute une réaction. Les gens n’en revenaient pas», affirme Mme Hachez.

Pas d'impact

Questionné à ce sujet par Le Journal, la porte-parole d’Air Transat, Marie-Christine Pouliot, mentionne que «l’établissement a procédé à des vérifications sanitaires complètes» et «qu’à ce stade, rien n’indique un problème lié aux installations ou aux opérations de l’établissement».

Pour sa part, Sunwing affirme qu'il n'y a actuellement aucun impact significatif sur les réservations à cet hôtel.

Ce qu’ils ont dit

«Tout le monde se met la tête dans le sable quand on parle d’un virus à l’hôtel» – Nathalie Turpin, de Terrebonne
«Il y avait une famille de la Beauce qui était à côté de notre chambre. Ils avaient chacun leur poteau de soluté, ça avait l’air d’un hôpital rendu là!» – Valérie Hachez, de Québec
«Il n’y avait pas de bouteilles d’eau. On allait remplir nos bouteilles dans un système d’eau filtrée» – Marc-André Houle, de la Rive-Sud de Montréal