Environ 250 personnes étaient réunies dimanche matin pour s'opposer à la construction de l'hôtel "Dune" sur le site de l'Aqualud. Actuellement à l'arrêt, le projet rencontre le soutien de la mairie. Elles dénoncent "un non sens écologique". Environ 250 personnes étaient réunies dimanche matin au Touquet devant l'Aqualud pour protester contre sa transformation en hôtel de luxe. Le projet, défendu par la mairie, rencontre depuis plusieurs années l'opposition de ce collectif d'habitants.

Surnommés "Les Touquettois Motivés", ils redoutent la bétonisation du littoral et ses conséquences environnementales, ainsi qu'une perte d'identité de leur ville. Six recours en justice ont été déposés devant le tribunal administratif pour tenter de mettre un coût d'arrêt au projet.

"Que vont dire nos petits-enfants"

En attendant leur issue, "il faut qu'on continue à donner de la voix", martèle Franck Penez. Membre du collectif, il ne laisse ce dimanche aucun passant repartir sans un autocollant à mettre sur sa voiture ou sans un flyer.

Devant l'Aqualud, les manifestants distribuent aux passants des autocollants et des flyers
Devant l'Aqualud, les manifestants distribuent aux passants
des autocollants et des flyers © Radio France - Jeanne Cerin

"Un jour, nos enfants nous demanderons ce qu'on a fait pour arrêter ce projet" s'inquiète-il, et c'est pour ne pas avoir de regrets qu'il se mobilise. "On ne peut plus aujourd'hui ne pas prendre en compte les contraintes écologiques", estime de son côté Marguerite Deprez-Audebert, la fille de l'ancien maire de la ville, Léonce Deprez, et ancienne députée du Pas-de-Calais.

"C'est une provocation de vouloir bétonniser le littoral". D'autant, rappelle-t-elle, que depuis trente ans, l'eau s'est déjà infiltrée plusieurs fois dans l'Aqualud. "Cela ne va pas s'arrêter et les dégâts seraient encore plus important si cet hôtel voit le jour", prévient-elle.

Cela pourrait même s'aggraver avec la montée des eaux. C'est avec cette inquiétude en tête qu'Eric Pillet a décidé de porter l'un des six recours actuellement en cours, devant la justice. Président d'une copropriété située sur le front de mer, il estime que ce projet ne respecte pas l'identité de la ville. "On va construire un hôtel 5 étoiles sur l'avenue la plus populaire, c'est un non-sens !"

Il est rejoint par Hervé Pierre, membre de l'opposition municipale pour qui ce nouvel hôtel va entrainer "un afflux de touristes". "Toutes les villes des littoraux cherchent à gérer cette sur attractivité et à la rendre raisonnable et ce n'est pas le cas ici", s'indigne celui qui entend se porter candidat aux prochaines élections municipales en mars 2026.

"Nous ne sommes pas entendus"

A l'origine de cette mobilisation, une pétition lancée en 2022 par Myriam, une habitante de la ville. "Le maire avait promis un référendum sur ce sujet mais nous n'en avons jamais vu la couleur", rappelle-t-elle. Aujourd'hui sa pétition réunit plus de 2 700 signatures. Des voix "qui ne sont pas écoutées par le maire".

Les manifestants brandissent des affiches "Touche pas à ma plage"
Les manifestants brandissent des affiches
"Touche pas à ma plage" © Radio France - Jeanne Cerin

La mairie reste de son côté déterminée à mener le projet à son terme malgré ces oppositions ainsi que les nombreuses difficultés récentes. En février dernier, la ville a révoqué le gestionnaire de l’Aqualud pour des "manquements graves" de sécurité et d'entretien.