Le 10 août dernier un peu après 20 heures, Pietro, Mariano, Salvatore et Maurizio ont commis le 20e vol de l’été à Saint-Tropez. Le risque de se faire prendre était grand tant les moyens déployés par les forces de l’ordre sont importants depuis trois ans. Le quatuor n’a pas fait mentir les statistiques. Il a été interpellé 45 minutes plus tard sur le parking du McDonald’s de Sainte-Maxime et la montre rendue à son propriétaire.

Association de malfaiteurs

Un vol de plus ? Oui, si ce n’est l’identité de la victime. Car les malfrats italiens, tous originaires du même quartier de Naples, ont sans le savoir pris pour cible un ancien membre présumé du gang corse de la Brise de mer, spécialiste des braquages de fourgons blindés et auteur de deux évasions spectaculaires de la prison de Borgo en 1998 et 2003.

Le soir des faits, Joseph Menconi participait à un concours de pétanque place des Lices. Profitant d’une pause pour s’acheter une glace, il sentait quelqu’un lui tirer le poignet gauche. Et Salvatore de déguerpir avec la Riche Mille de « José », cadeau d’un ami estimé par la victime à 45 000 euros. Beaucoup moins, en réalité.

Car les expertises allaient démontrer que la montre était une contrefaçon, à la grande surprise de son propriétaire. Ce dernier ne s’est donc pas constitué partie civile au procès des quatre voleurs qui a eu lieu ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Draguignan.

Les prévenus, âgés de 25, 27, 37 et 68 ans, ont tous reconnu leur participation sans pour autant admettre une association de malfaiteurs, qui sera bel et bien retenue in fine par le tribunal. À Salvatore donc le rôle de l’arracheur. Pietro, lui, attendait au guidon d’un scooter loué avec un faux permis de conduire par Maurizio, l’ancien de la bande. Et les yeux de l’expert en (fausse) montre de luxe ? Mariano, enfin, convoyait tout son monde au volant d’une voiture de location.

Le groupe était arrivé dans le Var deux jours plus tôt avec l’objectif de « voler ». « J’ai beaucoup de dettes de jeu, explique Pietro. J’ai laissé ma femme enceinte et ma petite fille pour faire ça... Je me le pardonnerai jamais. »

« Une délinquance internationale organisée »

Si Maurizio, Mariano et Pietro affirment être novices en la matière - malgré les 23 ans de détention pour « association mafieuse » pour Maurizio - Salvatore a été rattrapé par son ADN. Lors d’un vol commis aux abords de l’hôtel Le Byblos le 29 juin 2024 sur une touriste mexicaine, il avait perdu dans sa fuite une chaussure, sa casquette et ses lunettes de soleil.

« Il ne faut pas voir dans leur passage à l’acte l’expression de douleurs sociétales mais l’expression d’une délinquance internationale organisée », relève le procureur Pierre Couttenier.

Les « larrons ont fait l’occasion » et finissent en prison. Pour trente mois pour Pietro et Mariano, pour trois ans pour Salvatore et Maurizio.