Né à Anvers, Steven Hameeuw, directeur de la Villa M, s’est rapidement forgé une vocation internationale. Très jeune, il se passionne pour l’accueil et la gestion, au point de rejoindre l’école hôtelière de Bruxelles. Cette formation sera complétée par un MBA en Hospitality Management, fruit d’un partenariat prestigieux entre l’ESSEC à Paris et l’Université Cornell aux États-Unis. Ce double cursus, combinant rigueur académique et vision mondiale, installe les fondations d’un parcours hors norme.

Premiers pas chez Accor : une ascension éclair

À sa sortie d’études, Steven rejoint Accor comme stagiaire. Il y découvre l’envers du décor des grandes opérations hôtelières et s’impose rapidement par son énergie et son sens du terrain. À seulement vingt-quatre ans, il devient le plus jeune directeur de la restauration des hôtels Mercure en France, au Mercure de Courchevel. Peu après, il prend la tête d’un Novotel-Mercure à La Réunion, un poste qui marque son premier saut géographique majeur. Son talent attire l’attention des dirigeants : il intègre alors une "task force" en charge de projets sensibles ou stratégiques. On le retrouve sur des missions de lancement et de repositionnement d’établissements, du Sofitel Pikenflak au Sofitel Azouane en Égypte, ou encore sur des rachats de clubs en Afrique du Nord. Il termine cette étape en tant que directeur d’exploitation du Sofitel Porticcio, en Corse.

Club Med : l’appel du loisir haut de gamme

Sélectionné pour un projet commun entre Accor et Club Med, Steven devient directeur du Club Med Sénégal-Dakar puis du Club Med Palmiye, en Turquie, le plus vaste village d’Europe. Il y participe à la montée en gamme de l’enseigne aux côtés d’Henri Giscard d'Estaing, période charnière dans l’histoire du Club Med (2005-2006). Cette expérience lui permet d’affiner son management d’équipes multiculturelles et de renforcer sa capacité à conjuguer convivialité et standards haut de gamme.
Après un court passage chez TUI, où il supervise des hôtels en montagne (Tignes, Courchevel), il sent poindre l’envie d’un nouveau défi.

L’Afrique comme terrain d’aventures et de révélations

C’est un chasseur de têtes qui l’oriente vers Laïco, société d’État libyenne (Libyan African Arab Investment Company). Steven accepte de superviser un réseau impressionnant : 197 hôtels répartis sur tout le continent africain. Basé à Nairobi, il sillonne sans relâche le Rwanda, le Burkina Faso, l’Éthiopie, la Centrafrique… Son approche est celle d’un "anthropologue du management" : comprendre les contextes, composer avec des équipes issues de dizaines de cultures, adapter les méthodes sans jamais renier l’exigence de qualité.

Parmi ses souvenirs les plus marquants figure un chantier en République Centrafricaine : un resort cinq étoiles construit avec "cinq cents ouvriers chinois, tous prisonniers". Cette immersion le conduit jusqu’à Pékin pour négocier l’achat d’équipements, découvrant au passage une discipline de travail implacable.

Centrafrique, tout bascule !

Mais c’est aussi en Centrafrique que son destin bascule. Alors qu’un coup d’État éclate, Steven, consul honoraire de Belgique, se retrouve au cœur de la tourmente. Sous la protection de douze casques bleus, il organise, de nuit, des évacuations pour des ressortissants belges, français ou libanais, allant jusqu’à solliciter l’appui d’un chef rebelle hébergé dans son hôtel. Cette mission improvisée, digne d’un roman d’aventure, lui vaudra discrètement la Légion d’honneur. "Dans ces moments, on ne réfléchit pas trop, on agit", confie-t-il aujourd’hui avec humilité.

Retour en Europe : diversification et nouvelles ambitions

Après sept années africaines, Steven revient en Europe. Il rejoint le groupe Barrière, où il pilote plusieurs établissements à Paris, dans le Nord et l’Est de la France. Il vit ensuite sa première expérience professionnelle en Belgique, renouant avec son pays natal. Mais l’appel des projets atypiques reste fort : contacté par le directeur des Jeux olympiques, il prend les rênes d’un Center Parcs en Normandie, avant de conseiller un resort quatre étoiles dans le Berry.

Son parcours le mène ensuite à Paris, où il collabore avec une holding, spécialisée dans l’hospitality et l’événementiel haut de gamme. Enfin, il s’installe à Marseille, séduit par l’énergie de la ville et la diversité de ses projets, entre hôtellerie, événements et gestion de sites.

Un manager proche, créatif… et impatient

Steven est unanimement décrit comme un dirigeant accessible. "Il connaît le prénom de chacun, n’hésite pas à porter des chaises lors d’événements, et prône une transparence totale", dit-on en coulisses. Sa créativité est un moteur puissant, parfois source de "rushs" de dernière minute. Il reconnaît volontiers ses petits travers : une ponctualité parfois fluctuante, fruit de ses années en Afrique, et une impatience assumée. "Quand une idée est claire dans ma tête, je veux qu’elle se réalise immédiatement", sourit-il.

Des passions qui en disent long
Hors travail, Steven cultive plusieurs passions. Amateur de voitures anciennes, il aime aussi explorer de nouveaux horizons – un tour complet du Brésil figure parmi ses souvenirs les plus marquants. Côté musique, il est "ouvert à tout", avec un faible surprenant pour le reggaeton et les rythmes dansants. À Marseille, il a trouvé un refuge rare : une piscine naturelle cachée dans le parc national des Calanques, où il aime se ressourcer avec sa fille. Quant à l’avenir, il nourrit un rêve persistant : travailler au Moyen-Orient, une région dont la dynamique et l’hospitalité le séduisent.