Personne ne s’y attendait. Le célèbre hôtel Belvédère du Rayon Vert va fermer ses portes en plein cœur de l’été, a annoncé le maire de Cerbère (Pyrénées-Orientales), Christian Grau, sur les réseaux sociaux, ce vendredi 31 juillet. Que s’est-il passé pour que l’édile prenne une décision aussi lourde de conséquences ?

C’est une décision aussi brusque que surprenante. Le mythique hôtel Belvédère du Rayon Vert, situé sur la côte catalane à Cerbère, va cesser son activité alors que la saison estivale bat son plein. « Cette décision s’est imposée à moi », s’est exprimé le maire de la commune, Christian Grau, dans un communiqué. « Elle répond à une seule exigence : assurer la sécurité des personnes accueillies dans cet établissement », explique-t-il.

La sécurité incendie pointée du doigt

Le célèbre monument Art déco, qui domine la Méditerranée et qui s’est imposé comme un véritable symbole de la ville, est mis en cause pour des manquements en matière de sécurité incendie. À la suite d’une visite réglementaire réalisée le 7 avril 2026, les services du SDIS des Pyrénées-Orientales et la commission de sécurité de la sous-préfecture ont rendu un avis défavorable à la poursuite de l’exploitation de l’établissement.

D’après le communiqué de la mairie, depuis 2024, l’hôtel ne figurait plus sur la liste préfectorale des établissements recevant du public. Une inscription obligatoire que l’exploitant n’aurait pas régularisée. Plusieurs courriers adressés depuis 2024 seraient également restés sans réponse.

Aucune régularisation du propriétaire

Après plusieurs années d’accompagnement, une mise en demeure a été adressée en mai 2026, laissant quinze jours au propriétaire pour présenter ses observations, ainsi qu’un délai de deux mois pour engager les travaux demandés. Finalement, « les conditions permettant de garantir la sécurité du public n’ont pas pu être réunies par l’exploitant ». Le 22 juillet, le préfet des Pyrénées-Orientales a demandé au maire d’ordonner la fermeture de l’établissement avant le 29 juillet.

« Dans ces circonstances, le maintien de l’ouverture de l’établissement engagerait directement la responsabilité du maire et celle de la commune en cas d’accident ou de sinistre », explique l’édile.

Il justifie également sa décision en rappelant que « les tragiques incendies survenus ces dernières années, notamment dans le gîte de Wintzenheim et dans le bar Le Constellation à Crans-Montana, ayant causé respectivement 11 et 41 décès ainsi que de nombreuses personnes gravement blessées, rappellent que le respect de la réglementation en matière de sécurité incendie dans les établissements recevant du public constitue une exigence absolue ».

« Ça me fait de la peine à titre personnel »

« Ça me fait de la peine à titre personnel », s’exprime le président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie des Pyrénées-Orientales (UMIH 66), Brice Sannac. « C’est mon arrière-arrière-grand-père qui l’a créé. Ma grand-mère y a joué dedans également ». 

Cette décision prise par le maire « montre les difficultés auxquelles ont est soumis dans nos établissements à travers de normes, des réglementations qui sont toujours plus contraignantes ». « Nous sommes en concurrence déloyale en permanence avec d’autres types d’hébergement qui n’ont pas à respecter les mêmes normes », a-t-il souligné. 

D’importantes conséquences pour les employés

Cette fermeture, qui intervient en pleine saison estivale, va entraîner d’importantes conséquences pour l’exploitant, mais aussi « pour les salariés, les personnes hébergées et l’attractivité de notre territoire », liste le maire. « Pour autant, nul ne pourrait accepter qu’un drame survienne », conclut-il.

La commune affirme vouloir poursuivre son accompagnement avec l’exploitant du mythique établissement afin qu’il puisse reprendre son activité dans les meilleurs délais. « C’est une bâtisse merveilleuse mais qui nécessiterait des millions d’euros d’investissements. Il faut espérer qu’il puisse rouvrir très vite. Si le propriétaire a besoin de nous, on l’accompagnera », a insisté le président de l’UMIH 66.