7 heures du matin : les vacanciers entament leur sprint quotidien, non pas pour se remettre en forme, mais pour réserver leur transat pour la journée, avant de se rendre au petit déjeuner de l'hôtel ou du club. Chaque année, c'est pourtant la même rengaine : les "lève-tôt" se précipitent pour poser leur serviette sur une chaise longue, bien placée devant la piscine et à l'ombre, ne laissant plus le choix aux autres familles, qui elles, se retrouvent sans aucune place à leur arrivée plus tardive.
Cette "guerre des transats" ne cesse de créer des tensions et de la déception pour ceux qui ont du savoir-vivre. "La plupart du temps, les transats sont vides", nous confirme Hélène, maman de deux enfants, de retour de Majorque où elle a séjourné dans un club all inclusive. "Tout le monde pose sa serviette avant même qu'on se réveille, on n'a jamais eu un transat de libre, alors je posais mes affaires dans un coin, et je restais dans l'eau avec les enfants", témoigne-t-elle au Journal des Femmes.
Pourtant, l'hôtel en question lui a précisé qu'il existait une règle pour éviter cette monopolisation abusive, "mais aucun vacancier ne la respecte". Si la plupart réservent leur place avant le petit-déjeuner, d'autres poussent le vice jusqu'à laisser leurs affaires pendant qu'ils vont en excursion, en ville ou à la plage. Face à ces abus, les établissements tentent de fixer leurs propres limites. "L'hôtel m'a précisé qu'au bout de 30 minutes, on pouvait retirer la serviette si le transat restait inoccupé, mais nous n'avons pas osé le faire" nous confie Hélène, qui ne voulait pas risquer une dispute avec d'autres vacanciers.
Certains hôtels interdisent désormais l'accès à la piscine avant une certaine heure, d'autres affichent des panneaux pour interdire cette pratique voire mettent en place "une police des transats". Quelques plages espagnoles sanctionnent même ceux qui ne respectent pas les règles notamment en Andalousie, ou encore à Benidorm près d'Alicante. En France, une start-up toulousaine a par ailleurs créé un système avec des capteurs intégrés permettant de libérer les places vacantes sur lesquelles sont disposées des serviettes de piscine ou de plage. Mais cela ne semble pas suffire et les groupes hôteliers ont tout intérêt à faire respecter les règles ou augmenter le nombre de chaises longues selon le nombre de vacanciers. Car en 2024, le tribunal de Hanovre a condamné le tour-opérateur Tui suite aux plaintes d'une famille n'ayant pas pu profiter de transat durant leur séjour en Grèce.

