Alors qu’à l’instar de tant d’autres, le secteur hôtelier français traverse une période d’incertitudes économiques et géopolitiques, The Originals Hotels affiche des résultats qui contrastent avec la morosité ambiante. La coopérative, qui regroupe plus de 300 établissements indépendants, a clôturé l’année 2025 sur une croissance de 8,2 %, effaçant ainsi la quasi-stagnation de 2024 (+1 %), année perturbée par les Jeux Olympiques. Un redressement que son directeur général, Olivier Dufit, attribue autant à la reprise du marché qu’à la force intrinsèque du modèle coopératif.

La coopérative, un modèle résilient

« Le modèle coopératif est par nature résilient. Il dispose d’une capacité de développement supérieure », affirme Olivier Dufit, citant une étude récente du cabinet Xerfi présentée à la Fédération du commerce coopératif et associé (FCA). Selon le dirigeant, cette analyse démontrerait que les établissements coopératifs affichent une croissance nettement supérieure aux modèles franchisés ou succursalistes.

Une performance qui s’expliquerait par l’équilibre subtil entre autonomie et mutualisation des ressources. « Nous cultivons ce que j’appelle un grand écart maîtrisé : nous harmonisons les outils et les process pour plus d’efficacité tout en préservant la singularité de chaque établissement », explique le dirigeant. Parallèlement, la coopérative a lancé en août 2025 The Originals Expert, une structure dédiée à l’accompagnement commercial et à la gestion hôtelière. Cette plateforme propose des mandats de gestion pour répondre aux attentes des nouveaux investisseurs, nombreux à se tourner vers l’immobilier hôtelier face au déclin de l’immobilier de bureau. Au-delà de ces outils opérationnels, la coopérative mise sur des engagements stratégiques de long terme pour asseoir sa position.

RSE et intelligence artificielle : les piliers de la feuille de route 2026

Première chaîne hôtelière française certifiée « Engagé RSE – Confirmé » par l’AFNOR ; certifiée Choose My Company pour la qualité de vie au travail et l’engagement des collaborateurs, The Originals Hotels ne considère pas ces engagements comme de simples leviers marketing. « L’écosystème est plus exigeant que le régulateur lui-même », observe Olivier Dufit.

Les grandes plateformes de réservation imposent ces certifications dans leurs appels d’offres, tandis que les acteurs financiers conditionnent leurs financements à des critères RSE stricts. Le décret tertiaire et les attentes croissantes en matière de qualité de vie au travail (QVCT) renforcent cette nécessité.

Pour 2026, la coopérative mise sur trois axes stratégiques. D’abord, le maintien d’une exigence qualité renforcée, avec un outil propriétaire baptisé SMICE permettant d’auto-évaluer 350 à 400 critères, de la propreté à l’ancrage territorial. Deuxième priorité : l’intégration de l’IA pour optimiser le référencement sur les grands modèles de langage (LLM) comme ChatGPT, qui permettent déjà aux États-Unis de réserver un hôtel par simple conversation. « Nous devons être prêts pour cette désintermédiation », précise le directeur général. Enfin, The Originals Hotels s’ouvre à la croissance externe, avec des discussions en cours pour intégrer d’autres chaînes ou marques. « La période est à la concentration plutôt qu’à l’éclatement. Nous sommes ouverts à toute forme de collaboration, pour peu qu’elle ne contredise pas notre modèle coopératif », conclut Olivier Dufit. Une ambition qui témoigne de la maturité d’un modèle plébiscité pour sa capacité à conjuguer valeurs humaines et résultats économiques.