Fondé en 2009 par Alexandre Testagrossa et Vasco Alves, Shiadu Hotels a grandi à contre-courant des standards hôteliers internationaux. « Nous avons commencé avec une maison d’hôtes de sept chambres à Lisbonne. On faisait tout nous-mêmes : les petits déjeuners, les confitures, les jus, la décoration… On voulait recréer une atmosphère de maison, simple et sincère », se souvient Alexandre Testagrossa.
11 établissements urbains
Par le biais d’achat ou de location, le groupe s’étend ensuite à Lisbonne, Porto puis Séville. Tout en restant fidèle à son ADN : « offrir une expérience de séjour authentique, connectée à la culture et à l’âme de chaque ville ». La philosophie Shiadu se cache d’ailleurs derrière l’acronyme de son nom : Sustainability, Hospitalité, Inclusivité, Authenticité, Dévouement et Union. « C’est plus qu’un nom, c’est une boussole, explique Alexandre Testagrossa. Nos hôtels ne sont pas des produits. Ce sont des lieux de vie, où l’on veut que les gens se sentent bien. Qu’ils aient le sentiment d’être accueillis par des amis. »
Positionné sur le segment midscale 3 étoiles, Shiadu Hotels exploite 11 établissements, soit 245 clés au total. Ils sont situés en centre-ville et comprennent chacun 20 à 40 chambres. Le groupe emploie environ 170 collaborateurs. Il revendique un taux d’occupation supérieur à 90%, représentant près de 150 000 voyageurs par an.
Pour 2025, le chiffre d’affaires devrait atteindre 13,5 millions d’euros, un niveau stable par rapport à 2024 mais en hausse de plus de 30% depuis la sortie de crise sanitaire.
Trois nouvelles adresses à Séville et Lisbonne
Le développement se poursuit à un rythme mesuré. Trois nouvelles adresses sont prévues d’ici 2027. Une à Séville et deux nouveaux établissements à Lisbonne, pour lesquels les licences de travaux devraient être obtenues en 2026. « À Séville, ce sera presque une extension de l’hôtel voisin, distant d’à peine 30 mètres. Et à Lisbonne, nous avons deux immeubles en plein centre », précise Alexandre Testagrossa. L’ensemble représente 75 clés supplémentaires.
Shiadu Hotels poursuit sa croissance sans fonds d’investissement ni actionnaire externe. « Nous ne voulons pas croître à tout prix, explique le cofondateur. Nous grandirons seulement si cela reste cohérent avec nos valeurs. Quand il y a des actionnaires derrière, cela pousse parfois à aller trop vite ou à faire des compromis. Nous, on veut rester fidèles à ce qu’on est », explique-t-il.
Reprise d’hôtels en vue en France
Après la péninsule ibérique, Shiadu tourne désormais son regard vers la France. « C’est une évidence pour nous, d’autant que c’est un marché où l’hôtellerie indépendante reste très vivante, avec des établissements familiaux qui partagent notre philosophie », confie Alexandre Testagrossa.
Le groupe vise d’abord les grands centres urbains : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Nice. Et dans un second temps Nantes, Lille, Montpellier et Strasbourg.
Le modèle repose sur la reprise d’hôtels existants plutôt que la construction. « Nous cherchons des établissements indépendants, maximum 50 chambres, souvent tenus par des familles depuis des années, parfois sans repreneur. Notre ambition n’est pas de tout transformer, mais de redonner vie à ces lieux avec notre savoir-faire et nos valeurs », avance le responsable.
Un modèle de contrat de gestion « by Shiadu »
Shiadu propose un contrat de gestion. « L’hôtel garde son nom, sa personnalité, mais devient « by Shiadu ». C’est important qu’un client qui nous connaît à Lisbonne ou à Séville retrouve le même esprit à Marseille ou à Lyon », résume Alexandre Testagrossa. À l’image de ce qui a été réalisé sur le marché espagnol, l’ambition du groupe est de constituer « un pôle régional en France d’ici cinq ans ».
Plusieurs discussions sont déjà engagées avec des intermédiaires spécialisés dans la gestion hôtelière. Les premières annonces pourraient intervenir dès l’an prochain.
Au-delà de son développement, Shiadu Hotels, certifié ISO 14001, s’ancre également dans le développement durable.
« Nous avons toujours voulu maîtriser ce que nous servons à nos clients, explique Alexandre Testagrossa. Aujourd’hui, nous avons une ferme à une heure de Lisbonne. On y produit nos confitures, nos jus, nos tisanes, nos conserves, nos œufs, nos savons et bientôt nos shampoings liquides ». Cette ferme alimente les établissements de Lisbonne, Porto et Séville. « On fait tout maison, c’est notre fierté. Nous voulons être autonomes et cohérents. Et ça se ressent dans la qualité du petit-déjeuner, qui est l’un des atouts de nos hôtels », ajoute-t-il.


