Fouquet’s, Bulgari… Six nouveaux établissements ont fait leur entrée mardi dans le cercle très restreint des palaces français, trois à Paris et trois en région, dont le célèbre Martinez à Cannes (Alpes-Maritimes) sur la Croisette. Une distinction sur laquelle ils comptent pour accroître leur notoriété internationale.
Le label de palace a été créé en 2010 en France pour encadrer une appellation jusque-là libre d’usage et valoriser des établissements français de prestige sur la scène internationale, où la concurrence est de plus en plus vive.
Le Martinez officiellement « palace »
Il est décerné par l’agence gouvernementale Atout France. Sur les six lauréats, trois se trouvent dans la capitale française (Bulgari Hôtel, Cheval Blanc et Fouquet’s), un dans les Alpes (Four Seasons Resort à Megève), un sur la Côte d’Azur (Martinez de Cannes) et un dans l’est de la France (Royal Champagne Hôtel & Spa).
« Six établissements, six histoires, six distinctions qui viennent enrichir cette liste prestigieuse », a salué le ministre du tourisme, Serge Papin, lors de la présentation.
Royal Champagne Hôtel & Spa, dans la Marne, est le seul des six palaces à ne pas être dirigé par un grand groupe mais par un couple d’Américains, Denise Dupré, professeure à Harvard, et Mark Nunnelly, directeur d’un fonds d’investissement privé, propriétaire notamment des champagnes Leclerc Briant et d’un autre hôtel à Saint Barth, dans les Antilles.
Quatre hôtels perdent le label
Le Martinez de Cannes, propriété d’un groupe qatari, est géré par Hyatt. Le Four Seasons de Megève est la propriété d’Edmond de Rothschild Heritage, tandis que le Bulgari et le Cheval Blanc appartiennent au géant du luxe LVMH.
Aux 27 établissements qui ont vu récemment leur distinction palace renouvelée s’ajoutent désormais ces six nouveaux venus, portant à 33 le nombre de palaces en France (13 à Paris, neuf dans le sud-est, sept dans les Alpes, deux dans le Sud-Ouest, un à l’Est, un dans les Caraïbes).
Quatre établissements hôteliers en France ont perdu ce statut, qui distingue les hôtels cinq étoiles « d’exception », depuis la dernière liste publiée en 2019 : le Mandarin Oriental Paris, le Park Hyatt Paris-Vendôme, l’Hôtel du Palais à Biarritz et le Byblos à Saint-Tropez.
« Ils ont toute leur place dans la grande famille des hôtels de luxe à la française », a déclaré Serge Papin, assurant qu’ils pourraient présenter de nouveau leur candidature. Le label de palace était attribué pour cinq ans renouvelable, jusqu’à une réforme en 2024 qui a réduit la durée à trois ans renouvelables.
Un an de préparation et plusieurs millions d’euros
Les derniers nouveaux palaces ont été annoncés en 2019 quand six établissements avaient rejoint la liste. Depuis, aucun établissement n’avait été ajouté, le temps de se remettre des conséquences de la pandémie de Covid.
Cela a pris « près d’un an » à l’hôtel Bulgari pour obtenir cette distinction, selon son directeur général, entre rédaction du dossier, visite de la commission et grand oral.
Au Fouquet’s, sur les Champs-Elysées, on a investi « plusieurs millions d’euros », a expliqué à l’AFP Julien Huel, le directeur général hôtellerie et restauration du groupe Barrière, propriétaire des lieux.
Pour prétendre au titre, il faut être un établissement cinq étoiles, avoir au moins 12 mois d’activité et remplir 12 critères liés à un établissement de luxe – notamment disposer d’une « situation géographique exceptionnelle », d’« un caractère de légende par le biais d’un intérêt historique ou une fréquentation de personnalités renommées » ou encore « un service sur-mesure et personnalisé ».

