La stratégie de l’hôtel Beau-Rivage à Neuchâtel provoque des inquiétudes. Et pas des moindres : le porte-parole des hôteliers romands affiche ses doutes face au souhait du Conseil d’administration de rétrograder l’établissement de cinq à trois étoiles. Une réorientation qui s’est d’abord manifestée dans le secteur de la restauration. La semaine dernière, on apprenait que l’hôtel Beau-Rivage fermait son restaurant gastronomique « O’Terroirs ». Le chef français Mickael Lavoisier se serait vu signifier du jour au lendemain que les activités de l’établissement touchaient à leur fin.
Directeur de l’Association romande des hôteliers, le Neuchâtelois Alain Becker n’y va pas par quatre chemins pour décrire la situation : « Ça provoque une très grande interrogation et également un sentiment d'inquiétude. Passer de cinq à quatre étoiles aurait été compréhensible. Mais passer de cinq à trois étoiles, non, je n'arrive pas à comprendre » indique Alain Becker. « J'aimerais beaucoup savoir quelle est la stratégie là derrière… j'espère qu'il y en a une ! Depuis que je suis en fonction, je n'ai jamais vu cela ».
Ce n’est pas une voix isolée. Dans le milieu, cette réorientation donne le sentiment que le vaisseau amiral de l'hôtellerie neuchâteloise se saborde : « Je peux tout à fait comprendre ce sentiment. J'aimerais que ce bâtiment ait un avenir hôtelier à Neuchâtel. C'est fondamental. Aujourd’hui, j’ai des doutes ».
Contacté par RTN, le Conseil communal de la Ville de Neuchâtel fait également part de sa préoccupation : « le maintien d’un établissement hôtelier cinq étoiles est très important pour l’attractivité économique et touristique de la ville et de la région. L’exécutif de la Ville est préoccupé du potentiel dégât d’image et des conséquences défavorables qu’aurait une rétrogradation de la notation hôtelière du Beau-Rivage ».
Les autorités communales suivent donc « avec la plus grande attention l’évolution de ce dossier ». Enfin, l’exécutif « formule son inquiétude à l’égard du personnel du Beau-Rivage et s’attend à ce que des mesures soient prises pour préserver l’emploi ».

