À Vichy, dans l’Allier, le Régina a retrouvé son lustre d'antan et sa façade d'origine, qui date de 1858. Il était abandonné depuis 30 ans et dans un état totalement insalubre. A l'intérieur, des logements ont remplacé les chambres de cet ancien hôtel pour curistes. Une rénovation nécessaire, mais difficile. Benjamin Celeyron, responsable des opérations du groupe CIR et spécialiste de la réhabilitation du bâti ancien, explique : “On conserve et on rénove tout ce qui peut l’être. C’est une vocation patrimoniale et en même temps de respect du bâtiment, de respect de l’histoire. Souvent, on met de belles choses en valeur. Cela étant, ce n’est pas toujours faisable. On a certaines fois des planchers et des escaliers qui sont trop abîmés donc on les remplace. On a récupéré ce bâtiment dans un état particulièrement dégradé, avec des planchers très abîmés et des façades dégradées. Il n’y avait pas grand-chose à conserver à l’intérieur. La contrainte majeure était le traitement de la mérule car le bâtiment était infesté du champignon”.

D'importants dégâts

Le Régina fait partie des 200 hôtels vichyssois édifiés au XIXe siècle, lorsque le thermalisme était en plein essor. La crise de 1929 et surtout la Seconde guerre mondiale ont mis fin à cette période dorée, puisque la plupart de ces hôtels ont été réquisitionnés en hôpitaux et pour les ministères du régime de Vichy. Fabienne Gelin, responsable des fonds patrimoniaux de la Ville de Vichy, raconte : “Cela provoque des dégâts énormes parce qu’il y a des hivers très rigoureux et on installe des systèmes de chauffage complètement bricolés. Cela cause de gros dégâts. On arrache les sanitaires pour faire des bureaux. Les hôteliers vont toucher des dommages de guerre qui ne suffiront absolument pas à compenser les coûts des rénovations”. Elle revient sur la création de ces hôtels : “Ces hôtels apparaissent au début du XIXe siècle. Jusque-là, on a surtout des maisons d’hôtes qui reçoivent les curistes. Il y a un net accroissement du nombre de curistes qui nécessite d’avoir un réel équipement en hôtellerie. Cela se développe du début du XIXe jusqu’au milieu du XIXe siècle. Napoléon III va encore augmenter les besoins. Le grand boom de l’hôtellerie a lieu dans la seconde moitié du XIXe siècle, jusqu’à l’entre-deux-guerres. La population monte à plus de 100 000 personnes par été. Elles restent trois semaines à Vichy donc il faut loger tout ce monde”.

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A Vichy, dans l’Allier, l’heure de la fin de chantier pour l'ancien hôtel Régina a sonné. Intervenants : Benjamin Celeyron, responsable des opérations du groupe CIR et spécialiste de la réhabilitation du bâti ancien / Fabienne Gelin, responsable des fonds patrimoniaux de la ville de Vichy / Frédéric Aguilera, maire (LR) de Vichy • ©Y. Dorion / S. Trentesaux / S. Salmon

Un patrimoine à conserver

Aujourd'hui, de ces grands hôtels, seul l'Aletty Palace existe toujours. Pour les autres comme le Massena ou l'Ambassadeur, il ne reste que le nom sur la devanture. Un héritage du passé de la ville. Frédéric Aguilera, maire (LR) de Vichy, précise : “Ce qui fait l’identité d’une ville thermale, ce qui fait l’intérêt pour notre inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO, est d’avoir toute cette histoire thermale. Ces grands hôtels font partie de l’identité thermale. Il est important pour nous de les conserver. Il est important pour nous de garder ce patrimoine avec des opérateurs qui sont spécialisés sur la restauration historique. Ils connaissent les contraintes de ces bâtiments-là”.

Bientôt, c'est l'ancien hôtel de Rome qui va achever sa restauration en intégrant une résidence séniors, ouvrant une nouvelle page dans l'histoire de ce patrimoine vichyssois.

Article réalisé à partir du reportage de Yoann Dorion et Stéphane Trentesaux / France 3 Auvergne