Ne vous fiez pas à sa façade au charme tout en retenue. Elle porte les traces de son ancienne fonction, autrefois quartier général des demoiselles du téléphone – ces opératrices qui reliaient les lignes téléphoniques de Paris. Aujourd’hui, c’est un tout autre signal que le bâtiment du 55 avenue de Saxe diffuse à travers la capitale : l’âme résolument arty d’un hôtel, le SAX Paris, avec des ambitions furieusement captivantes.

Ce cinq-étoiles ne se contente pas d’héberger ; il transforme l’art de vivre en spectacle immersif. Ouvert l’an dernier au cœur du 7e arrondissement, l’établissement offre en effet une expérience à tiroirs que l’on s’amuse chaque seconde à découvrir au fil d’une ambiance mode et design hypnotisante et d’un service ultra personnalisé.

Designs impressionnants

Vous le verrez, dès l’entrée. La Galerie cueille immédiatement. Miroirs démultipliés, lustres Baccarat signature, lumière rouge théâtrale : on y sirote un verre à toute heure ou – mieux – on privatise le lieu pour une soirée qui promet déjà d’être mémorable. L’adresse profite d’ailleurs d’un emplacement rêvé : à quelques minutes à pied se dressent la Tour Eiffel, le Champ de Mars et un chapelet d’ambassades, musées et institutions.

Après un joli dédale d’escaliers et de passages, on débouche, de l’autre côté de La Galerie, sur le Jardin. Imaginé par la directrice artistique de Ladurée Claudia Ravnbo, il fait trôner en son centre une sculpture cristalline presque mystique. Elle est signée du célèbre Arik Levy. L’hiver, c’est encore mieux : l’espace vire au conte de fée avec des dizaines de sapins poudrés donnant l’impression d’entrer dans une installation artistique à ciel ouvert – sensation qui se prolonge à l’intérieur, où fresques contemporaines, œuvres digitales et design dialoguent avec d’impressionnantes moulures historiques. On ne circule alors plus dans un hôtel : on déambule dans des œuvres d’art. La plus belle se révélant être celle où l’on passe la nuit.

Ambiance entre art et doux humour

L’hôtel compte 118 chambres, dont plusieurs suites à l’allure haute couture. Évident quant on apprend qu’elles ont été repensées par le studio de création de Karine Journo, ancienne directrice des relations publiques de la chaîne Fashion TV. Parfaitement insonorisées, elles misent sur des matériaux nobles mais jamais ostentatoires. La lumière filtre à travers les stores vénitiens, rebondit sur le marbre graphique et glisse sur le cuir clair des têtes de lit.

Le détail qui fait mouche ? Le délicat humour qui se dissimule partout : télévision derobée derrière une vitre faussement opaque, éléments décoratifs volontairement positionnés de travers et pourtant si fabuleusement justes. Dans les salles de bains, les robinets sculpturaux intriguent tout autant avant de se révéler étonnamment intuitifs. Vasques taillées dans la pierre, lignes dorées organiques… chaque recoin réserve une surprise. Même le minibar s’offre une touche gourmet avec une sélection signée Le Bon Marché et la Grande Épicerie de Paris.