Dans la Plaine des Vosges, le travail saisonnier se fait de plus en plus rare. Depuis la période du Covid, l’Union locale CGT de Neufchâteau constate une « nette diminution » des emplois saisonniers, particulièrement à Vittel et Contrexéville, deux communes où l’activité thermale et touristique constitue un moteur important de l’économie locale. Salim Bellehou, délégué syndical CGT et responsable restauration depuis de nombreuses années, tire la sonnette d’alarme.

Pour lui, le phénomène est loin d’être nouveau. L’évolution du secteur hôtelier illustre concrètement cette baisse. Salim Bellehou cite notamment le cas de l’ancien hôtel Cosmos. « Avant le rachat, il y avait quatre ou cinq CDI à l’année et le reste était des saisonniers », explique-t-il. L’établissement a depuis fait le choix d’être ouvert toute l’année et fonctionne désormais avec davantage de salariés permanents. Une évolution qui a mécaniquement réduit le recours aux saisonniers, traditionnellement employés de mai à octobre.

Autre exemple : la fermeture du Club Med des Curtilles, qui représentait « un gros contingent » de saisonniers, autour d’une centaine selon le syndicaliste. « Aujourd’hui, il n’arrive pas à compenser avec le seul Club Med de l’Ermittage », estime Salim Bellehou. Les fermetures de plusieurs établissements, parmi lesquels l’Hôtel La Lorraine, l’Hôtel des Vosges ou encore le Douze Apôtres, ont également réduit le nombre de possibilités pour les travailleurs saisonniers. L’Hôtel La Corniche a, de son côté, fortement diminué le nombre de contrats proposés. Pour Salim Bellehou, cette diminution s’explique par cette transformation du territoire touristique. « Forcément, quand on a moins d’établissements ouverts, on n’attire pas de saisonniers », résume-t-il. Selon lui, en vingt ans, « le nombre d’hôtels a été divisé par deux ». Des établissements vieillissants qui, estime-t-il, « n’ont pas su s’adapter à la demande de la clientèle. ».

« La part du gâteau se resserre »

La conséquence est directe pour les personnes qui comptaient sur ces contrats. « Ça représente une vraie difficulté, surtout pour les jeunes et les personnes qui avaient besoin de compléter leurs missions », souligne le délégué syndical. Certains se retrouvent sans emploi, d’autres ont dû se reconvertir dans un autre domaine. « Il y a des personnes qui faisaient ça depuis 15 ou 20 ans et qui se retrouvent sans rien du jour au lendemain. La part du gâteau se resserre et il y a moins d’offres. ». 

Face à ce constat, l’Union locale CGT de Neufchâteau appelle les pouvoirs publics, les élus et les acteurs économiques à travailler ensemble. « On attend des pouvoirs publics qu’on puisse travailler main dans la main avec toutes les forces vives du secteur pour essayer de dynamiser le territoire », affirme Salim Bellehou. Pour lui, « il faut une synergie dans le même sens » : « Si chacun tire la couverture vers soi, c’est compliqué. »

Pour le syndicat, l’enjeu dépasse désormais la seule question des contrats saisonniers. La diminution de ces emplois est aussi un indicateur de l’attractivité économique du territoire. Si la tendance se poursuit, la CGT craint une hausse du chômage, une perte d’attractivité et le départ des jeunes. Préserver les possibilités d’emploi apparaît donc comme un enjeu essentiel pour maintenir une activité économique et sociale dans la Plaine des Vosges. La CGT entend, de son côté, poursuivre son accompagnement des travailleurs et rester mobilisée auprès des acteurs locaux pour défendre l’emploi.