À Montpellier, l’été n’a pas la même saveur que l’an dernier pour les professionnels du tourisme. Dans les restaurants comme dans les hôtels, la saison est moins dynamique : la fréquentation recule et les habitudes des clients évoluent.
Après les étés particulièrement dynamiques qui ont suivi la crise sanitaire, les professionnels constatent un retour à une consommation plus prudente, avec des sorties davantage réfléchies et des dépenses mieux maîtrisées.
10 % de baisse par rapport à l’été dernier
À cette évolution des habitudes s’ajoute un contexte économique plus difficile pour les acteurs du tourisme.
La baisse du pouvoir d’achat, l’augmentation des coûts et une fréquentation touristique jugée moins importante pèsent sur l’activité : « La cause, c’est le pouvoir d’achat qui a diminué chez les gens, l’augmentation des matières premières », explique Yves Soria, président de l’Umih 34. Selon lui, les professionnels du département enregistrent une baisse d’environ 10 % par rapport à l’été dernier, alors que les charges continuent d’augmenter.
"La cause, c’est le pouvoir d’achat qui a diminué chez les gens, l’augmentation des matières premières"
Yves Soria
Président de l'Umih 34
Les restaurateurs face à une clientèle plus attentive à ses dépenses
Dans le centre-ville de Montpellier, les restaurateurs dressent un bilan en demi-teinte. Au restaurant Le Tire-Bouchon, la présence de touristes étrangers ne suffit pas à compenser cette baisse. Son directeur, Nicolas Saboury, constate que la clientèle est « toujours en recul ». Après la reprise marquée qui a suivi la crise sanitaire, les professionnels du secteur observent une évolution des comportements.
Les sorties au restaurant ne disparaissent pas, mais elles se font plus rares, les clients arbitrant davantage leurs dépenses dans un contexte économique tendu. Au restaurant Ma Première Cantine, Paco, responsable, souligne les difficultés rencontrées par la profession, entre la hausse des prix des fournisseurs et une concurrence accrue : « Les clients ne peuvent plus venir au restaurant trois fois par semaine, mais une fois par mois », affirme-t-il.
« Les clients ne peuvent plus venir au restaurant trois fois par semaine, mais une fois par mois"
Paco
Responsable du restaurant Ma Première Cantine
Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, le restaurant a choisi de revoir sa carte afin de proposer une offre plus accessible.
La chaleur pèse aussi sur les terrasses
Mais les contraintes économiques ne sont pas les seules à peser sur l’activité des restaurateurs. En plein été, la météo devient également un facteur déterminant pour certains établissements : « À cause de la chaleur, les gens restent chez eux alors que les autres années, on travaillait bien le soir », révèle Martin, responsable chez Amorino.
Selon lui, les fortes températures ont contribué à ralentir l’activité et à rendre le centre-ville moins animé. Si plusieurs professionnels font état d’un ralentissement, l’impact reste néanmoins variable d’un établissement à l’autre.
À la Brasserie du Théâtre, Laurent fait état d’une baisse plus mesurée, estimée autour de 10 % : « On est un peu en dessous des chiffres de l’année dernière », indique le responsable, qui rappelle néanmoins que juillet et août correspondent traditionnellement à une période moins dynamique pour son restaurant, dont la clientèle est constituée d’habitués.
Les hôteliers s’adaptent à cette réalité
À Montpellier, les hôtels font face à un changement dans le comportement des voyageurs. Les clients prennent plus de temps avant de confirmer leur séjour, ce qui oblige les établissements à revoir leur organisation : « Les réservations se font à la dernière minute. Les gens n’ont plus la même priorité », observe Gaëlle, assistante chef de réception à l’hôtel Mercure Centre Comédie.
Les professionnels observent également des annulations plus fréquentes. Pour limiter la baisse d’activité, les hôteliers ajustent leurs tarifs pour maintenir leur niveau de fréquentation, à l’instar du Mercure qui propose des réductions de 10 %, voire 20 %, sur certains tarifs.
Ces ajustements ne permettent toutefois pas toujours de retrouver les niveaux de fréquentation habituels. Au Grand Hôtel du Midi, Michel, chef de réception, fait un constat similaire : « Tous les hôtels sont en baisse, on ne sait pas si c’est à cause du contexte économique ou de la chaleur ». Malgré des promotions pouvant atteindre 20 %, l’établissement peine encore à retrouver son niveau habituel.
Au-delà du ressenti des professionnels, les données de fréquentation permettent aussi de mesurer l’ampleur du ralentissement : « Sur le mois de juillet, on a perdu 10 points d’occupation par rapport à l’été dernier », témoigne Antoine, responsable de l’hébergement au Belaroïa. Entre pouvoir d’achat plus contraint, hausse des coûts et réservations tardives, les hôtels et restaurants doivent désormais ajuster leurs stratégies pour faire face à une activité moins dynamique.
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