Grâce à tous ces Canadiens qui ont décidé de visiter les autres provinces de leur pays, l’industrie touristique a généré des revenus records de 59 milliards de dollars entre mai et août 2025. Une hausse de 6 % par rapport à la même période l’an dernier, indique le rapport de l’entreprise américaine de services immobiliers Cushman & Wakefield.

Les voyageurs canadiens représentent 75 % des revenus totaux du secteur touristique canadien et les voyageurs internationaux, 25 %.

Au cours des trois premiers trimestres de l’année 2025, neuf des dix plus importantes villes touristiques du Canada ont affiché une croissance du taux d’occupation de leurs hôtels et de leur revenu par chambre disponible, à l’exception de Montréal. La ville voit le taux d’occupation baisser de 5,8 % et le revenu par chambre disponible, de 3,9 %.

Pourquoi dans le négatif ?

Pourquoi Montréal affiche-t-elle des résultats négatifs ? D’abord, la ville a perdu des contrats gouvernementaux de location de chambres d’hôtel près de l’aéroport Montréal-Trudeau. Ensuite, il y a eu une baisse des touristes américains.

C’est surtout l’augmentation du nombre de chambres d’hôtel de 11,5 % depuis 2019 qui fausse le portrait, selon Tourisme Montréal et l’Association hôtelière du Grand Montréal.

« Les données de l’industrie montrent que Montréal traverse un cycle où l’offre et la demande évoluent à des rythmes différents. Cette année, la capacité hôtelière a augmenté d’environ 3,5 %, notamment avec l’arrivée de nouveaux établissements », affirme Dominique Villeneuve, présidente-directrice générale de l’Association hôtelière du Grand Montréal.

« Cette croissance de l’offre est positive pour l’attractivité de la destination, mais elle influence mécaniquement certains indicateurs, comme le taux », souligne la PDG.

 

« On a une augmentation du nombre de chambres de façon importante depuis 2019, car on avait besoin de croissance à l’aéroport », explique Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal.

« On n’avait pas d’hôtel. Les promoteurs immobiliers ont saisi cette opportunité. »

Actuellement, Toronto a 51 000 chambres, en baisse de 0,4 %. Vancouver en a 31 000, en baisse de 2,8 %, et Montréal, 31 000.

C’est sûr qu’artificiellement, si tu baisses de 2,8 % le nombre de chambres, c’est certain que ton taux d’occupation va monter de l’autre côté. Montréal a eu la plus grande croissance de chambres d’hôtel au Canada.

Yves Lalumière, président-directeur général de Tourisme Montréal

Le rapport Cushman & Wakefield indique que la plus forte croissance du revenu par chambre disponible a été observée à Winnipeg avec +24,7 %, à cause de l’hébergement temporaire de milliers de personnes évacuées en raison des incendies de forêt. Puis, Halifax avec +16,2 %, grâce à l’augmentation des vols directs vers cette ville et au fait qu’elle a profité du changement des habitudes de voyage des Canadiens, qui l’ont préférée à d’autres villes américaines.

L’hiver avait mal commencé pour Montréal avec un mois de mars à -17 % à cause des droits de douane de Donald Trump, analyse le PDG de Tourisme Montréal.

« Mais Montréal a un tarif moyen de 247 $, ce qui est quand même 20 $ en haut de la moyenne des grandes villes du pays, et ce, dans un contexte d’augmentation d’inventaire », souligne Yves Lalumière, qui est content de la performance de la ville.

On ne peut pas se comparer avec Toronto

« On ne peut pas comparer Toronto à Montréal », affirme le PDG de Tourisme Montréal.

« Si tu me donnes les 80 concerts de Live Nation à Toronto avec les Taylor Swift de ce monde, une équipe de baseball, les Blue Jays, qui gagnent et trois centres de congrès, on n’aura pas les mêmes résultats », énumère-t-il.

Le PDG de Tourisme Montréal ajoute que si les organisations décident de tenir leur congrès à Vancouver, les prix seront exorbitants, car il manque d’hôtels. Ce sera le même enjeu pour une famille de la classe moyenne qui tentera de se trouver une chambre quatre étoiles, relate-t-il. Elle coûte 325 $.

« Nous, on est en avant de la parade, parce qu’on a eu notre croissance au niveau du nombre de chambres d’hôtel et on veut avoir des gens à notre destination. »

Cushman & Wakefield et Tourisme Montréal se basent sur les données du fournisseur américain CoStar.