Depuis près de deux ans, l'Apetahi Express a rendu Maupiti plus accessible. Couplée aux cinq rotations hebdomadaires d'Air Tahiti et au partenariat mis en place entre la compagnie aérienne et le navire rapide, cette desserte renforcée a permis à l'île de connaître une hausse importante de sa fréquentation touristique.

« Le secteur touristique à Maupiti est en hausse et se porte plutôt bien », confirme la maire, Mathilda Valentin. L'élue assure que la commune de 1 300 habitants parvient à absorber ses 40 000 visiteurs annuels. Hors de question pour l'instant de céder aux grands projets hôteliers. La population reste attachée au modèle actuel, basé sur les pensions de famille, les locations Airbnb et les campings pour préserver l'île. La piste de l'aéroport ne sera donc pas rallongée pour le moment. « Comme l'a dit le président Moetai, s’il n'y a pas d’hôtel, il n'y a pas de rallongement de la piste. L'avenir nous dira s'il faudra rallonger la piste », indique la maire.

Pour autant, la demande touristique continue de croître. Selon la mairesse, cet engouement commence même à susciter des vocations chez les jeunes habitants. « Je pense que d'ici là, nous aurons plus d’hébergements pour répondre encore plus à la demande », explique-t-elle, consciente que Maupiti bénéficie aujourd'hui d'une forte visibilité sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Le quai bientôt rallongé

Si la piste de l'aéroport ne sera pas rallongée, les infrastructures maritimes, elles, vont évoluer. Des travaux d'aménagement du quai sont prévus jusqu'en 2027, pour un investissement estimé à 140 millions de francs financé par le Pays.

Un chantier attendu de longue date par la commune. « Ce sont des aménagements qui avaient été demandés par l’ancien tavana Woullingson », rappelle Mathilda Valentin. L’objectif : faciliter l’accostage de l'Apetahi Express mais aussi les déchargements de marchandises du cargo Natiatea, qui remplace le Tahiti Nui. « Nous suivrons l’avancée des travaux avec beaucoup d'intérêt » appuie la tavana.

Dans une île où les conditions météorologiques peuvent rapidement perturber les liaisons aériennes et maritimes, notamment au niveau de l'unique passe Onoiau, ces travaux sont essentiels pour sécuriser l'approvisionnement de l’île.

L'eau, priorité du nouveau mandat

Élue en mars dernier, Mathilda Valentin souhaite également concentrer son mandat sur les problématiques du quotidien, à commencer par l’alimentation en eau.

La commune espère obtenir, via le contrat de transformation et de développement, le financement d'une deuxième citerne pour chaque foyer. Une mesure qui permettrait de mieux récupérer les eaux de pluie et de limiter le prélèvement dans la nappe phréatique.

« Nous avons de l'eau qui tombe du ciel. C'est dommage que nous ne puissions pas davantage la stocker », souligne la tavana. L'enjeu est aussi de préserver durablement les ressources en eau douce de l'île.